{"id":3434,"date":"2023-07-07T21:23:41","date_gmt":"2023-07-07T13:23:41","guid":{"rendered":"http:\/\/yzzks.com\/index.php\/2023\/07\/07\/%e3%80%8a%e9%81%93%e5%a3%ab%e4%b8%8b%e5%b1%b1%e3%80%8b%e8%83%8c%e5%90%8e%e7%9a%84%e4%b8%ad%e5%9b%bd%e5%93%b2%e5%ad%a6\/"},"modified":"2024-03-15T10:15:33","modified_gmt":"2024-03-15T02:15:33","slug":"la-philosophie-chinoise-derriere-the-taoist-master-goes-down-le-maitre-taoiste-tombe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/culture\/3434\/","title":{"rendered":"La philosophie chinoise derri\u00e8re \"The Taoist Master Goes Down\" (Le ma\u00eetre tao\u00efste tombe)"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">Auteur : Ye Kuangzheng<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; Biographie de l\u2019auteur : Ye Kuangzheng, po\u00e8te, universitaire et critique culturel de renom. N\u00e9 en avril 1969, originaire du comt\u00e9 de Taihu (province d\u2019Anhui), il est originaire de Hefei. Il r\u00e9side actuellement \u00e0 P\u00e9kin. Depuis 1986, il a publi\u00e9 plus de 800 po\u00e8mes dans diverses revues litt\u00e9raires ; ses \u0153uvres figurent dans *Anthologie des po\u00e8tes chinois de la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration* , *L\u2019\u0152uvre compl\u00e8te de la g\u00e9n\u00e9ration interm\u00e9diaire*, *Vingt-cinq ans de po\u00e9sie obscure* et *Les classiques de la po\u00e9sie contemporaine chinoise*, parmi plus de 60 autres recueils de po\u00e9sie. Il est l\u2019auteur du recueil de po\u00e9sie *Le Livre de la ville* (\u00e9ditions Huacheng, 1999), le long po\u00e8me \u201c \u00c9chantillon du compte rendu du projet 571 \u201d et le recueil de critiques culturelles \u201c Discussions hors du commun \u201d. Il a \u00e9galement \u00e9dit\u00e9 des ouvrages tels que \u201c Sun Yat-sen s'exprime \u201d, \u201c Le style japonais \u201d et \u201c Les grands \u00e9v\u00e9nements du pass\u00e9 \u201d, et a dirig\u00e9 des collections telles que la \u201c Biblioth\u00e8que des nouveaux classiques de la langue chinoise \u201d, la \u00ab Collection de litt\u00e9rature non conventionnelle \u00bb, \u00ab Collection des classiques de la litt\u00e9rature ind\u00e9pendante \u00bb, \u00ab Collection des classiques de la recherche ind\u00e9pendante \u00bb et \u00ab Collection des sources historiques ind\u00e9pendantes \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; Personne ne contestera sans doute que Chen Kaige est la personnalit\u00e9 la plus controvers\u00e9e du monde du cin\u00e9ma. Depuis la sortie de *Le Tao\u00efste descend de la montagne*, cela n\u2019a pas chang\u00e9 : Internet et les m\u00e9dias regorgent de critiques acerbes, o\u00f9 chacun rivalise d\u2019ironie et de m\u00e9chancet\u00e9, comme si seule une langue bien pendue pouvait apaiser la \u201c col\u00e8re populaire \u201d, tandis que les discussions sur le film lui-m\u00eame sont au contraire tr\u00e8s rares. Parfois, j\u2019ai l\u2019impression que ce ph\u00e9nom\u00e8ne suscit\u00e9 par Chen Kaige m\u00e9rite davantage d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 que ses films eux-m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; Parmi les films de Chen Kaige, \u00ab Le Tao\u00efste descend de la montagne \u00bb n\u2019est certes pas un classique, mais compar\u00e9 aux superproductions chinoises de ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es, il s\u2019agit manifestement d\u2019une \u0153uvre r\u00e9alis\u00e9e avec soin. Comme le film aborde le tao\u00efsme et le bouddhisme, de nombreuses sc\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es au montage, ce qui rend l\u2019explication de certaines s\u00e9quences et les transitions entre les intrigues un peu brusques ; c\u2019est un fait. Malgr\u00e9 cela, il n\u2019en reste pas moins un grand film commercial empreint d\u2019exploration, de d\u00e9couvertes et d\u2019innovation, qui offre un bon divertissement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp;&nbsp;L\u2019intrigue de *Le Tao\u00efste descend de la montagne* est claire : elle raconte les diverses aventures du jeune tao\u00efste He An, qui, sur ordre de son ma\u00eetre, quitte les portes de la montagne pour se plonger dans le tourbillon de la vie mondaine, en cette p\u00e9riode troubl\u00e9e de la R\u00e9publique de Chine. \u201c Devenir disciple \u201d et \u201c venger son ma\u00eetre \u201d sont les deux mots-cl\u00e9s qui ancrent l\u2019intrigue : tout commence lorsque, \u00e0 la suite d\u2019un incident li\u00e9 au poulet aux feuilles de lotus, le jeune moine devient disciple du docteur Cui, ce qui donne lieu \u00e0 une histoire \u00e9thique m\u00ealant parricide, usurpation de la belle-s\u0153ur et vengeance au nom de son ma\u00eetre ; puis, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 pris comme disciple par Zhou Xiyu, l\u2019on assiste \u00e0 une histoire de querelles au sein de la lign\u00e9e de ma\u00eetres qui s\u2019\u00e9tend sur plusieurs d\u00e9cennies ; une nouvelle fois, c\u2019est pour venger son ma\u00eetre qu\u2019il retrouve le patron Cha, ce qui donne lieu \u00e0 une histoire d\u2019amiti\u00e9 entre disciples dans le monde des arts martiaux, plac\u00e9e sous le signe de la \u201c fid\u00e9lit\u00e9 ind\u00e9fectible \u201d. Le jeune tao\u00efste He Anxia, qui au d\u00e9part \u201c souhaitait un endroit paisible sans savoir o\u00f9 se trouvait son c\u0153ur \u201d, en est venu \u00e0 \u201c voir le ciel et la terre, voir tous les \u00eatres vivants, se voir lui-m\u00eame \u201d, pour finalement atteindre la compr\u00e9hension du Dao, tout abandonner et retourner \u00e0 la montagne du Dao.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; La raison fondamentale pour laquelle ce film a suscit\u00e9 des critiques et des malentendus r\u00e9side dans le d\u00e9calage entre le public d\u2019aujourd\u2019hui et la culture traditionnelle chinoise. Bien que Chen Kaige ait r\u00e9alis\u00e9 un film de arts martiaux, il y pr\u00e9sente en r\u00e9alit\u00e9 sa compr\u00e9hension de la \u201c culture du c\u0153ur \u201d chinoise. La \u201c culture du c\u0153ur \u201d peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la caract\u00e9ristique la plus fondamentale de la culture chinoise, ce que reconnaissent d\u2019ailleurs de nombreux sp\u00e9cialistes de la culture traditionnelle. Comme l\u2019a dit Xu Fuguan, \u201c la plus grande contribution de la culture chinoise est d\u2019avoir montr\u00e9 que la source de ces valeurs r\u00e9side dans la vie elle-m\u00eame \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire dans le \u2018c\u0153ur\u201d de l\u2019\u00eatre humain \u2019. En d\u2019autres termes, contrairement \u00e0 la culture occidentale qui attribue la source des valeurs \u00e0 un Dieu supr\u00eame ou \u00e0 une autre autorit\u00e9 ext\u00e9rieure, la culture chinoise cherche la source de ces valeurs dans la nature int\u00e9rieure du c\u0153ur. C\u2019est pourquoi le voyage du jeune moine qui descend de la montagne est en r\u00e9alit\u00e9 un voyage \u00e0 la \u201c recherche du c\u0153ur \u201d.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; Depuis Mencius, le \u201c c\u0153ur \u201d est consid\u00e9r\u00e9 comme la source naturelle des jugements de valeur d\u2019une personne. Le \u201c c\u0153ur \u201d que recherche le jeune moine dans *Le moine qui descend de la montagne* correspond pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce que Mencius appelait le c\u0153ur compatissant, le c\u0153ur qui distingue le bien du mal, le c\u0153ur qui fait preuve de modestie et le c\u0153ur qui discerne le juste de l\u2019injuste. Le \u201c c\u0153ur \u201d n\u2019est pas seulement une partie du corps humain ; il permet \u00e9galement de discerner le bien du mal, de distinguer le bon du mauvais, de faire preuve de compassion et de mod\u00e9ration. C\u2019est pourquoi Mencius affirmait que \u201c la bienveillance, la justice, le rituel et la sagesse trouvent leur racine dans le c\u0153ur \u201d. On peut consid\u00e9rer cela comme une contribution majeure de la philosophie traditionnelle chinoise : non seulement elle \u00e9claire la vie chaotique de l\u2019homme, mais elle donne \u00e9galement \u00e0 chacun une direction et un guide, devenant ainsi le fondement de l\u2019existence de tous les Chinois. D\u00e8s lors que l\u2019on perd les rep\u00e8res du c\u0153ur, on risque, \u00e0 l\u2019instar de Peng Qianwu et Cui Daorong dans le film, de sombrer dans un enfer sans issue.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; D\u00e8s qu\u2019on \u00e9voque la culture du \u201c c\u0153ur \u201d, certains y voient de l\u2019id\u00e9alisme, ce qui explique en grande partie pourquoi les films de Chen Kaige sont si souvent mal compris ; cela refl\u00e8te en r\u00e9alit\u00e9 la distance et les malentendus des Chinois contemporains vis-\u00e0-vis de la culture traditionnelle. Le \u201c c\u0153ur \u201d de la culture chinoise n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019id\u00e9alisme ; il s\u2019agit d\u2019une existence tangible, dont l\u2019objectif est d\u2019atteindre un c\u0153ur limpide, non obscurci par les pr\u00e9jug\u00e9s subjectifs et les d\u00e9sirs personnels. Comme le dit Xunzi : \u201c Comment le c\u0153ur peut-il conna\u00eetre ? R\u00e9ponse : en \u00e9tant vide, unifi\u00e9 et calme. \u201d En d\u2019autres termes, ce n\u2019est que lorsqu\u2019il est calme, vide et libre de tout voile que le c\u0153ur peut appr\u00e9hender le monde ext\u00e9rieur ; de m\u00eame, lorsqu\u2019il est en pleine activit\u00e9 cognitive, le c\u0153ur s\u2019apaise naturellement. Les paroles et les actes du vieil abb\u00e9 Ru Song, de Zhou Xiyu et du patron Cha dans le film illustrent parfaitement ce principe. Lorsque Cheng Hao affirme que \u201c le c\u0153ur seul est le Ciel \u201d, il veut dire qu\u2019il faut, \u00e0 l\u2019instar du jeune moine, ancrer dans sa propre vie l\u2019exp\u00e9rience int\u00e9rieure acquise \u00e0 travers la vie et le savoir. Cette mise en pratique de l\u2019ext\u00e9rieur vers l\u2019int\u00e9rieur, cette transformation de la vie et du savoir vers le c\u0153ur, rend la culture traditionnelle pr\u00e9sent\u00e9e dans le film plus concr\u00e8te et plus fiable que n\u2019importe quelle m\u00e9taphysique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp;&nbsp;Ainsi, bien que \u00ab Le moine descend de la montagne \u00bb soit en apparence un film de arts martiaux, il cherche en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 mettre en lumi\u00e8re l\u2019essence m\u00eame de la culture traditionnelle chinoise : la culture du c\u0153ur. \u00c0 l\u2019image du nom du jeune tao\u00efste, le film s\u2019interroge sur la mani\u00e8re d\u2019apaiser son c\u0153ur. Les diff\u00e9rents personnages du film trouvent chacun leur propre moyen d\u2019y parvenir, ce qui les conduit \u00e0 des destins vari\u00e9s. Mais il appara\u00eet clairement que ce n\u2019est qu\u2019en ancrant toutes ses aspirations dans son c\u0153ur, et en ancrant son c\u0153ur dans le monde r\u00e9el, que l\u2019on peut v\u00e9ritablement atteindre l\u2019autosuffisance naturelle. Les exp\u00e9riences de Zhou Xiyu et du patron Cha, telles qu\u2019elles sont d\u00e9peintes dans le film, montrent que derri\u00e8re cette \u00ab culture du c\u0153ur \u00bb se cache en r\u00e9alit\u00e9 une personnalit\u00e9 libre, alliant dignit\u00e9 et individualit\u00e9. En effet, lorsque chacun parvient \u00e0 cr\u00e9er en son for int\u00e9rieur un monde o\u00f9 il se sent libre et \u00e9panoui, les rivalit\u00e9s et les conflits ext\u00e9rieurs s\u2019estompent naturellement. C\u2019est pourquoi de nombreux films de arts martiaux chinois, bien qu\u2019ils regorgent de combats et de violence, pr\u00e9sentent en r\u00e9alit\u00e9 une culture de paix : ceux qui comprennent v\u00e9ritablement la voie des arts martiaux poss\u00e8dent en effet un c\u0153ur pleinement autosuffisant.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; Les sc\u00e8nes d\u2019action de *Le Tao\u00efste descend de la montagne* sont toutes exceptionnelles : le duel entre M. Zhao et Peng Qianwu sur le terrain de basket, l\u2019affrontement entre Zhou Xiyu et Peng Qianwu \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, la bagarre entre le patron Cha, Zhao Liren et une foule de policiers, ou encore la sc\u00e8ne o\u00f9 le patron Cha, \u00e0 la mani\u00e8re du th\u00e9\u00e2tre de P\u00e9kin, fait basculer une voiture \u00e0 l\u2019aide d\u2019un pistolet, sont autant de moments qui laissent le public bouche b\u00e9e. Mais le wuxia et les arts martiaux ne constituent qu\u2019une toile de fond sur laquelle Chen Kaige met en valeur la culture traditionnelle chinoise. La culture chinoise met l\u2019accent sur la recherche de la voie dans la vie quotidienne et les arts, et souligne que chacun peut devenir un Yao ou un Bouddha. C\u2019est pourquoi, apr\u00e8s avoir ma\u00eetris\u00e9 la technique du \u201c coup de singe \u201d, Zhou Xiyu est devenu un moine balayeur, tandis que le patron Cha est retourn\u00e9 sur les planches. Pour les pratiquants, les arts martiaux ne sont pas seulement un art, mais aussi une exp\u00e9rience \u00e9motionnelle m\u00ealant crainte et aspiration envers le sacr\u00e9, ainsi qu\u2019une marque de confiance et d\u2019attention envers l\u2019existence ultime. Aux yeux des pratiquants, les arts martiaux rev\u00eatent une dimension religieuse et suscitent une crainte respectueuse envers la \u201c volont\u00e9 du Ciel \u201d et la \u00ab voie du Ciel \u00bb ; c\u2019est l\u00e0 que r\u00e9side le v\u00e9ritable ancrage spirituel d\u2019un pratiquant.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; Pour le pratiquant d\u2019arts martiaux, ceux-ci repr\u00e9sentent une force sacr\u00e9e et in\u00e9puisable h\u00e9rit\u00e9e de ses anc\u00eatres : cette force, c\u2019est la \u201c mission c\u00e9leste \u201d. C\u2019est pourquoi, lorsqu\u2019il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la voie des arts martiaux, le pratiquant prend pour r\u00e9f\u00e9rence le ciel, la terre et toutes les choses de l\u2019univers. \u00c0 ses yeux, cette voie transcende non seulement le monde des hommes, mais m\u00eame l\u2019univers tout entier, et rev\u00eat une dimension de pr\u00e9occupation ultime. Ce n\u2019est qu\u2019en ressentant cette pr\u00e9occupation ultime que l\u2019on peut acqu\u00e9rir le sens du devoir vis-\u00e0-vis de l\u2019art que l\u2019on pratique, ce que l\u2019on appelle commun\u00e9ment \u201c agir au nom du Ciel \u201d. La culture traditionnelle chinoise consid\u00e8re que la valeur supr\u00eame de la vie r\u00e9side dans la manifestation constante de cette force sacr\u00e9e qui transcende la vie, le Ciel et la Terre. Aux yeux du pratiquant, il s\u2019agit d\u2019une voie martiale capable de s\u2019harmoniser avec le Ciel et la Terre pour nourrir et faire grandir l\u2019univers. L\u2019art du \u201c coup de singe \u201d (Yuanji Shu) pratiqu\u00e9 par Zhou Xiyu et le patron Cha incarne ce niveau supr\u00eame ; c\u2019est pourquoi il pr\u00f4ne \u00ab ne pas s\u2019\u00e9loigner ni abandonner, ne pas \u00e9prouver de col\u00e8re ni de haine \u00bb . Ainsi, la v\u00e9ritable voie des arts martiaux est indissociable de l\u2019esprit humaniste ; elle ne poss\u00e8de pas d\u2019\u00ab au-del\u00e0 \u00bb \u00e9loign\u00e9 du monde des hommes, mais se concentre toujours sur les \u00eatres humains vivants et leur existence. Les pratiquants estiment que pour atteindre la transcendance des arts martiaux et l\u2019\u00e9panouissement de la vie personnelle, il est indispensable de contempler le ciel, la terre et toutes les choses avec le m\u00eame \u00e9tat d\u2019esprit, et de ne faire qu\u2019un avec eux.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp;&nbsp;Ce niveau supr\u00eame de la pratique des arts martiaux ne fait qu\u2019un avec la philosophie de la bienveillance et de la justice propre \u00e0 la culture traditionnelle chinoise ; d\u2019une part, il incarne les valeurs humaines, mais d\u2019autre part, il t\u00e9moigne \u00e9galement de la mission divine sur terre, rev\u00eatant ainsi un caract\u00e8re sacr\u00e9 et ultime. Lorsque le pratiquant s\u2019adonne \u00e0 son entra\u00eenement et \u00e0 son perfectionnement moral dans cet esprit de respect et de crainte, il ne se contente pas d\u2019\u00e9largir son univers int\u00e9rieur, mais parvient \u00e9galement \u00e0 transcender les montagnes, les rivi\u00e8res et la nature qui l\u2019entourent, pour atteindre le stade ultime de la symbiose avec toutes choses. Ainsi, tant dans les relations humaines quotidiennes que dans les arts martiaux, on trouve non seulement le respect de la volont\u00e9 c\u00e9leste, mais aussi une force in\u00e9puisable pour se d\u00e9velopper soi-m\u00eame. Comme le dit la voix off du film : \u201c La Voie r\u00e9side dans le c\u0153ur, et la Voie peut englober le monde entier. \u201d<\/span><\/p>\n<p><span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; Ce que l\u2019on appelle \u00ab la descente du tao\u00efste de la montagne \u00bb consiste \u00e0 \u00ab \u00e9panouir sa nature et \u00e0 conna\u00eetre son destin \u00bb. \u00c9panouir sa nature, c\u2019est donner libre cours aux capacit\u00e9s inn\u00e9es de sa nature, en la soumettant aux \u00e9preuves de la croissance et \u00e0 l\u2019enseignement des sages, afin de restaurer la bont\u00e9 naturelle inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019\u00eatre humain. Parall\u00e8lement, il faut prendre conscience du monde ext\u00e9rieur, c\u2019est-\u00e0-dire de la mission que lui conf\u00e8rent la nature, l\u2019histoire, l\u2019\u00e9poque et la voie des arts martiaux. Les arts martiaux chinois s\u2019inscrivent pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette vision traditionnelle chinoise consistant \u00e0 \u00ab \u00e9panouir sa nature et conna\u00eetre son destin \u00bb, consid\u00e9rant la vie et la qu\u00eate de la voie martiale comme un processus de d\u00e9veloppement dynamique. D\u2019une part, cette conception estime que la nature humaine rec\u00e8le des possibilit\u00e9s infinies ; d\u2019autre part, elle reconna\u00eet les contraintes concr\u00e8tes que la nature et l\u2019histoire imposent \u00e0 l\u2019homme, contraintes qui deviennent au contraire le lieu m\u00eame o\u00f9 s\u2019incarne la valeur de notre vie. Ici, la \u00ab connaissance du destin \u00bb constitue \u00e9galement un r\u00e9confort spirituel pour les vaincus, car elle affirme la valeur de l\u2019\u00eatre humain \u00e0 travers ses revers. C\u2019est pourquoi, dans l\u2019histoire des arts martiaux, des personnages au destin malheureux tels que M. Zhao ou Zhou Xiyu sont toujours consid\u00e9r\u00e9s comme des h\u00e9ros, car ils incarnent pr\u00e9cis\u00e9ment la force de la nature humaine et de la vie.<\/span><\/p>\n<p>\n\t<span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\">&nbsp; &nbsp; \u00ab Le Tao\u00efste descend de la montagne \u00bb semble parler d\u2019un tao\u00efste, mais il met en avant le syst\u00e8me de valeurs de la culture traditionnelle chinoise, o\u00f9 le confucianisme, le bouddhisme et le tao\u00efsme ne font qu\u2019un. C\u2019est pourquoi on y retrouve des personnages tels que Ru Song, un ma\u00eetre bouddhiste, le patron Cha, un confuc\u00e9en, et Zhou Xiyu, un tao\u00efste. Le film m\u00eale \u00e0 la fois la pens\u00e9e confuc\u00e9enne, qui consid\u00e8re que le sort du monde est sa responsabilit\u00e9, et les id\u00e9es bouddhistes et tao\u00efstes, qui aspirent \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de l\u2019esprit, tandis que les diverses aventures du jeune tao\u00efste constituent le vecteur narratif id\u00e9al pour illustrer ce syst\u00e8me de pens\u00e9e. Chen Kaige souhaite, \u00e0 travers ce film, incarner une vision de la culture traditionnelle chinoise fond\u00e9e sur la fusion du confucianisme, du bouddhisme et du tao\u00efsme. C\u2019est l\u00e0 que r\u00e9side la singularit\u00e9 de *Le Tao\u00efste descend de la montagne* en tant que film de martial arts, il faut le souligner.<\/span>\n<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">\n\t<span style=\"line-height:2;font-size:14px;font-family:SimSun;\"><br \/>\n<\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u4f5c\u8005\uff1a\u53f6\u5321\u653f &nbsp; &nbsp; \u4f5c\u8005\u7b80\u4ecb\uff1a<span class=\"excerpt-hellip\"> [\u2026]<\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":17,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3434","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3434","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3434"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3434\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7526,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3434\/revisions\/7526"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3434"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3434"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3434"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}