{"id":6249,"date":"2024-03-02T16:37:31","date_gmt":"2024-03-02T08:37:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.yzzks.com\/zh_cn\/?p=6249"},"modified":"2024-03-03T11:49:01","modified_gmt":"2024-03-03T03:49:01","slug":"construire-une-nouvelle-culture-fondee-sur-leudemonisme-universel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/latest-news\/6249\/","title":{"rendered":"Construire une nouvelle culture fond\u00e9e sur l'eud\u00e9monisme universel"},"content":{"rendered":"<p><strong>Wang ZhanYang<\/strong><\/p>\n<p><strong>Directeur du d\u00e9partement d'enseignement et de recherche en sciences politiques de l'Acad\u00e9mie centrale du socialisme, professeur<\/strong><\/p>\n<p>Quelle nouvelle culture la Chine doit-elle construire ? Cet article estime que, d'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la Chine doit avant tout construire une nouvelle culture humaniste, puis une nouvelle culture fond\u00e9e sur la bont\u00e9, ensuite une nouvelle culture ax\u00e9e sur le bonheur, pour aboutir finalement \u00e0 une nouvelle culture du bonheur universel impr\u00e9gn\u00e9e d'un esprit r\u00e9aliste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u4e00<\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Tout bonheur est un bonheur humain. C'est pourquoi le point de d\u00e9part et le point d'arriv\u00e9e de l'eud\u00e9monisme universel sont tous deux l'\u00eatre humain. L'eud\u00e9monisme universel est donc avant tout une th\u00e9orie humaniste.<\/p>\n<p>La culture humaine devrait \u00eatre une culture humaniste, mais elle n\u2019est pas n\u00e9cessairement une culture humaniste. L\u2019\u00eatre humain a la capacit\u00e9 de cr\u00e9er et de d\u00e9velopper une culture humaniste, mais il est \u00e9galement capable de cr\u00e9er et de d\u00e9velopper une culture non humaniste, voire anti-humaniste. Les erreurs de perception de l\u2019homme et les int\u00e9r\u00eats particuliers de quelques groupes sociaux dominants constituent les principales causes directes de l\u2019\u00e9mergence de diverses cultures non humanistes et anti-humanistes. Toutefois, si l\u2019on consid\u00e8re le long cours de l\u2019\u00e9volution de la civilisation humaine, le passage de ces cultures non humanistes et anti-humanistes \u00e0 une culture humaniste repr\u00e9sente sans aucun doute la grande tendance du d\u00e9veloppement culturel de l\u2019humanit\u00e9, et donc \u00e9galement celle de la culture chinoise.<\/p>\n<p>L'humanisme a vu le jour \u00e0 l'\u00e9poque de la Gr\u00e8ce et de la Rome antiques, a connu un renouveau \u00e0 la Renaissance, puis s'est d\u00e9velopp\u00e9 et diffus\u00e9 au cours des \u00e9poques historiques suivantes. C'est notamment apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale que la culture humaniste est devenue le courant dominant du d\u00e9veloppement culturel mondial. La culture moderne est avant tout une culture humaniste. L'un des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux et des missions essentielles de la modernisation de la Chine consiste \u00e0 construire une nouvelle culture humaniste.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue historique, les cultures non humanistes et anti-humanistes ont autrefois constitu\u00e9 le courant dominant de la culture humaine. Si l\u2019on consid\u00e8re \u00e0 la fois l\u2019histoire et la r\u00e9alit\u00e9, la Chine est \u00e0 la fois le pays le plus peupl\u00e9 du monde et le plus grand pays souffrant d\u2019un grave manque de culture humaniste. Dans l\u2019Antiquit\u00e9, la culture dominante de notre pays \u00e9tait une culture centr\u00e9e sur la fonction publique. \u00c0 l\u2019\u00e9poque moderne, bien que l\u2019humanisme occidental ait commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre en Chine, non seulement il n\u2019est pas parvenu \u00e0 s\u2019imposer comme courant dominant de la pens\u00e9e et de la culture chinoises, mais il n\u2019est pas non plus devenu la norme, m\u00eame parmi les Chinois les plus progressistes. Ces derniers se concentraient principalement sur la lib\u00e9ration de la nation, de la nation ethnique et de la classe sociale, plut\u00f4t que sur la lib\u00e9ration de l\u2019individu lui-m\u00eame. Les progr\u00e8s de la pens\u00e9e et de la culture chinoises se sont principalement manifest\u00e9s sur le plan de la rationalit\u00e9 instrumentale, et non sur celui de la rationalit\u00e9 valorielle. L\u2019absence d\u2019une conception humaniste profonde constituait alors une faiblesse fatale pour les milieux intellectuels et culturels progressistes chinois ; quant \u00e0 la culture arri\u00e9r\u00e9e qui pr\u00e9valait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il n\u2019y avait bien s\u00fbr aucune trace d\u2019une conception moderne centr\u00e9e sur l\u2019humain. \u00c0 l\u2019\u00e9poque moderne, et ce pendant une longue p\u00e9riode, la philosophie sociale dominante dans notre pays a \u00e9t\u00e9 une philosophie mat\u00e9rialiste, structuraliste et scientiste ; la pens\u00e9e dominante dans le milieu des sciences sociales chinoises \u00e9tait \u00e9galement mat\u00e9rialiste, structuraliste et pseudo-scientiste, et l\u2019ensemble de notre pens\u00e9e et de notre culture s\u2019inscrivait dans cette lign\u00e9e. La r\u00e9sistance de longue date et les critiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019humanisme dans le domaine id\u00e9ologique de notre pays d\u00e9montrent pleinement la nature non humaniste, voire anti-humaniste, de cette id\u00e9ologie dominante. Les mod\u00e8les politiques, \u00e9conomiques et sociaux que notre pays a calqu\u00e9s sur ceux de l\u2019Union sovi\u00e9tique ne sont pas non plus centr\u00e9s sur l\u2019\u00eatre humain, mais r\u00e9priment fondamentalement ses besoins et son potentiel. Quant \u00e0 la r\u00e9pression et au bafouement des besoins, du potentiel, de la valeur, de la dignit\u00e9 et de la vie de l\u2019individu par les courants de pens\u00e9e et les pratiques d\u2019extr\u00eame \u201c gauche \u201d propres \u00e0 notre pays, ils sont quant \u00e0 eux \u00e9vidents aux yeux de tous.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la r\u00e9forme et l\u2019ouverture, cette situation a progressivement connu de profonds changements. Fondamentalement, une r\u00e9forme et une ouverture v\u00e9ritablement justes et efficaces consistent, en substance, en un retour de nos conceptions, de nos id\u00e9es, de notre culture, de nos pratiques, de nos institutions, etc., vers l\u2019humanit\u00e9 ; elles consistent \u00e0 passer progressivement du non-humanisme et de l\u2019anti-humanisme \u00e0 l\u2019humanisme, et donc \u00e0 r\u00e9aliser progressivement la lib\u00e9ration, le d\u00e9veloppement et le bonheur de l\u2019\u00eatre humain. La v\u00e9ritable grande force de ce monde r\u00e9side dans la force de la nature humaine, et non dans celle de son ali\u00e9nation. C\u2019est pourquoi, \u00e0 mesure que la force de la nature humaine des Chinois s\u2019est progressivement lib\u00e9r\u00e9e, les immenses progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s par notre pays depuis le d\u00e9but de la r\u00e9forme et de l\u2019ouverture se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s aux yeux du monde entier. Cependant, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, nous constatons \u00e9galement que, tout au long de ce processus, le culte de la fonction et le mat\u00e9rialisme sont en r\u00e9alit\u00e9 devenus progressivement les valeurs dominantes ainsi que la culture et la pens\u00e9e qui r\u00e9gissent la vie sociale de notre pays. De ce fait, s\u2019\u00e9carter de la voie lumineuse de l\u2019humanisme, et par cons\u00e9quent ne pas parvenir \u00e0 r\u00e9aliser pleinement la modernisation, est redevenu un danger majeur auquel notre pays est confront\u00e9. Dans ce contexte, depuis 2003, l\u2019approche centr\u00e9e sur l\u2019\u00eatre humain est enfin devenue le principe directeur du Parti et de l\u2019\u00c9tat, ce qui constitue sans aucun doute un jalon historique dans l\u2019\u00e9volution de la pens\u00e9e et de la culture chinoises. Une approche centr\u00e9e sur l\u2019\u00eatre humain n\u00e9cessite une culture centr\u00e9e sur l\u2019\u00eatre humain. Ce que l\u2019on appelle la \u00ab nouvelle culture socialiste \u00bb est, en substance, une nouvelle culture centr\u00e9e sur l\u2019humain. Cependant, le fait que l\u2019approche centr\u00e9e sur l\u2019humain soit \u00e9lev\u00e9e au rang de principe directeur du Parti et de l\u2019\u00c9tat ne constitue en r\u00e9alit\u00e9 que la deuxi\u00e8me \u00e9tape vers la r\u00e9alisation d\u2019une civilisation moderne humaniste (la premi\u00e8re \u00e9tape ayant \u00e9t\u00e9 l\u2019introduction et la diffusion de l\u2019id\u00e9ologie humaniste). Entre l\u2019acquisition de la l\u00e9gitimit\u00e9 politique de l\u2019humanisme et l\u2019av\u00e8nement d\u00e9finitif d\u2019une civilisation moderne humaniste, il nous reste encore \u00e0 parcourir un chemin long et ardu. Et sur cette voie, l\u2019une de nos t\u00e2ches les plus difficiles consiste \u00e0 construire, d\u00e9velopper et diffuser la nouvelle culture humaniste de notre pays.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u4e8c<\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>L'humanisme, c'est placer l'\u00eatre humain au centre. Placer l'\u00eatre humain au centre, c'est se fonder sur la nature humaine.<\/p>\n<p>Qu'est-ce que la nature humaine ? L'\u00eatre humain poss\u00e8de deux niveaux de nature : d'une part, sa nature inn\u00e9e, et d'autre part, ses habitudes acquises. De ce fait, l'humanisme comporte \u00e9galement deux aspects fondamentaux : la compr\u00e9hension de la nature inn\u00e9e de l'\u00eatre humain, ainsi que la compr\u00e9hension et la d\u00e9fense de la relation entre cette nature inn\u00e9e et les habitudes acquises.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>(i)\u00a0<\/b><strong><b>\u00c0 propos de la nature inn\u00e9e de l'\u00eatre humain<\/b><\/strong><\/p>\n<p>Ce que l'humanisme entend par \u00ab nature inn\u00e9e de l'\u00eatre humain \u00bb d\u00e9signe en r\u00e9alit\u00e9 la nature inn\u00e9e de l'homme moderne au sens de l'anthropologie physique.<\/p>\n<p>L'histoire du d\u00e9veloppement de la nature inn\u00e9e de l'\u00eatre humain nous enseigne, premi\u00e8rement, qu'\u00e0 mesure que la constitution physique de l'\u00eatre humain a \u00e9volu\u00e9, sa nature inn\u00e9e s'est de plus en plus distingu\u00e9e de celle des animaux ; et \u00e0 mesure que cette nature inn\u00e9e s'est progressivement d\u00e9velopp\u00e9e et exprim\u00e9e, les habitudes acquises par l'\u00eatre humain se sont \u00e9galement de plus en plus diff\u00e9renci\u00e9es de celles des animaux. Le d\u00e9veloppement de la nature humaine permet \u00e0 l\u2019homme de s\u2019affranchir de plus en plus de sa nature animale, mais les points communs entre l\u2019homme et l\u2019animal restent in\u00e9vitables ; par cons\u00e9quent, la nature inn\u00e9e de l\u2019homme est en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019unit\u00e9 des caract\u00e9ristiques propres \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine et des points communs avec les animaux.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, la nature animale de l'\u00eatre humain correspond aux attributs naturels communs \u00e0 l'homme et aux animaux, qui comprennent principalement l'alimentation, la sexualit\u00e9, la procr\u00e9ation et la perception. Ces attributs naturels communs \u00e0 l'homme et aux animaux constituent en r\u00e9alit\u00e9 les aspects les plus fondamentaux de la nature humaine.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, au cours des trois millions d\u2019ann\u00e9es d\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, le d\u00e9veloppement de la nature humaine et l\u2019affaiblissement de la nature animale ont constitu\u00e9 un processus de perfectionnement ; toutefois, la nature humaine n\u2019est pas synonyme de perfection, pas plus que la nature animale n\u2019est synonyme d\u2019imperfection. \u00c0 l\u2019instar de tous les animaux sociaux, l\u2019\u00eatre humain poss\u00e8de \u00e0 la fois un instinct \u00e9go\u00efste et un instinct altruiste ; par cons\u00e9quent, la pr\u00e9sence ou non d\u2019altruisme, d\u2019entraide et de coop\u00e9ration ne constitue pas la v\u00e9ritable fronti\u00e8re entre la nature humaine et la nature animale, mais bien celle qui s\u00e9pare les animaux sociaux des animaux non sociaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>(ii)\u00a0<\/b><strong><b>en ce qui concerne<\/b><\/strong><strong><b>La relation entre la nature inn\u00e9e de l'\u00eatre humain et ses habitudes acquises<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0<\/b><\/strong><\/p>\n<p>L'humanisme consid\u00e8re que les pratiques et les habitudes acquises par l'individu doivent \u00eatre en accord avec sa nature inn\u00e9e, et non en opposition avec celle-ci. Pour chaque individu, seules les pratiques et les habitudes acquises qui sont en accord avec sa nature inn\u00e9e constituent la source de son bonheur et de sa joie ; tandis que celles qui vont \u00e0 l\u2019encontre de sa nature inn\u00e9e sont la source de son malheur et de sa souffrance. Le principe fondamental de l\u2019humanisme consiste en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 surmonter tous les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019ali\u00e9nation qui s\u2019opposent \u00e0 la nature humaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>\u4e09<\/b><\/strong><strong><b>.<\/b><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En raison de la nature contradictoire de l'humain, l'humanisme g\u00e9n\u00e9ral devrait \u00eatre d\u00e9fini plus pr\u00e9cis\u00e9ment comme un \u00ab humanisme fond\u00e9 sur le bien \u00bb ; par cons\u00e9quent, la nouvelle culture humaniste devrait \u00e9galement \u00eatre d\u00e9finie plus pr\u00e9cis\u00e9ment comme une \u00ab nouvelle culture fond\u00e9e sur le bien \u00bb. Le bien-centrisme est la voie incontournable vers l\u2019approfondissement de l\u2019humanisme. Ce n\u2019est qu\u2019en passant par cette \u00e9tape du bien-centrisme que l\u2019humanisme g\u00e9n\u00e9ral pourra \u00e9voluer de mani\u00e8re logique vers l\u2019eud\u00e9monisme universel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>(i)\u00a0<\/b><strong><b>Le bien et le mal dans la nature inn\u00e9e de l'\u00eatre humain<\/b><\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 la naissance, la nature humaine est-elle fondamentalement bonne ou fondamentalement mauvaise ? Cette question fait l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat depuis des mill\u00e9naires. Il semble aujourd\u2019hui que le point de vue le plus raisonnable soit le suivant : la nature humaine comporte \u00e0 la fois une composante bonne et une composante mauvaise ; la nature humaine est donc l\u2019unit\u00e9 contradictoire de ces deux aspects. L\u2019\u00eatre humain est, par nature, enclin au bien ; c\u2019est pourquoi il peut, au cours de son d\u00e9veloppement, s\u2019orienter vers le bien. L\u2019\u00eatre humain est \u00e9galement, par nature, enclin au mal ; c\u2019est pourquoi il peut, au cours de son d\u00e9veloppement, s\u2019orienter vers le mal. Si l\u2019\u00eatre humain n\u2019\u00e9tait, par nature, que tourn\u00e9 vers le bien, il ne serait pas possible qu\u2019il s\u2019oriente vers le mal simplement \u00e0 cause d\u2019une erreur de perception. De m\u00eame, si l\u2019\u00eatre humain \u00e9tait par nature uniquement enclin au mal, il ne pourrait pas non plus s\u2019orienter vers le bien simplement gr\u00e2ce \u00e0 des progr\u00e8s cognitifs. Le d\u00e9veloppement de la connaissance humaine peut certes amener l\u2019individu \u00e0 valoriser le bien et \u00e0 r\u00e9primer le mal, ou inversement \u00e0 valoriser le mal et \u00e0 r\u00e9primer le bien, mais il ne peut en aucun cas modifier la nature m\u00eame de la bont\u00e9 et de la m\u00e9chancet\u00e9 inh\u00e9rentes \u00e0 la nature humaine.<\/p>\n<p>Dans la nature inn\u00e9e de l\u2019\u00eatre humain, la bont\u00e9 et la m\u00e9chancet\u00e9 ne sont pas synonymes d\u2019\u00e9go\u00efsme et d\u2019altruisme. L\u2019\u00e9go\u00efsme consiste \u00e0 se traiter bien soi-m\u00eame, et constitue donc en soi une forme de bont\u00e9. L\u2019altruisme, quant \u00e0 lui, consiste \u00e0 traiter bien les autres, et constitue donc \u00e9galement une forme de bont\u00e9. Mais l\u2019altruisme ne repr\u00e9sente pas la totalit\u00e9 de la bont\u00e9, seulement une partie de celle-ci, m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019une forme de bont\u00e9 essentielle. L'altruisme peut \u00e9galement constituer une strat\u00e9gie visant \u00e0 nuire \u00e0 autrui, et repr\u00e9sente alors une forme de mal. Fondamentalement, l'\u00e9go\u00efsme et l'altruisme sont tous deux des formes de bien, tandis que le fait de se nuire \u00e0 soi-m\u00eame ou de nuire \u00e0 autrui constitue le mal. Par cons\u00e9quent, la question du bien et du mal n'est pas, en substance, celle de l'\u00e9go\u00efsme ou de l'altruisme, mais celle du b\u00e9n\u00e9fice et du pr\u00e9judice.<\/p>\n<p><strong><b>(2) L'altruisme est un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la nature humaine, et c'est pr\u00e9cis\u00e9ment dans l'altruisme de l'\u00eatre humain que r\u00e9side le c\u0153ur de la bont\u00e9.<\/b><\/strong><\/p>\n<p>En y regardant de plus pr\u00e8s, bien que la question du bien et du mal soit essentiellement une question d\u2019int\u00e9r\u00eat et de pr\u00e9judice, et non une question d\u2019\u00e9go\u00efsme et d\u2019altruisme, et bien que l\u2019\u00e9go\u00efsme et l\u2019altruisme soient tous deux des formes de bien \u2014 l\u2019altruisme n\u2019\u00e9tant pas le bien par d\u00e9finition et l\u2019\u00e9go\u00efsme n\u2019\u00e9tant pas le mal par d\u00e9finition \u2014, le c\u0153ur du bien reste n\u00e9anmoins l\u2019altruisme, et non l\u2019\u00e9go\u00efsme. Bien que le fait de se nuire \u00e0 soi-m\u00eame ou de nuire \u00e0 autrui soit un mal, le c\u0153ur du mal r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment dans le fait de nuire \u00e0 autrui, et non dans le fait de se nuire \u00e0 soi-m\u00eame. Ainsi, comprendre l\u2019essence du bien et du mal dans la nature humaine revient pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 comprendre la nature altruiste et la nature nuisible de l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n<p>On a g\u00e9n\u00e9ralement plus de facilit\u00e9 \u00e0 comprendre que l'\u00e9go\u00efsme est inh\u00e9rent \u00e0 la nature humaine, mais on a aussi tendance, de ce fait, \u00e0 sous-estimer, voire \u00e0 nier, l'altruisme. Or, c'est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que r\u00e9side actuellement l'un des probl\u00e8mes de compr\u00e9hension les plus marquants. En r\u00e9alit\u00e9, l'altruisme est lui aussi l'un des \u00e9l\u00e9ments essentiels de la nature humaine.<\/p>\n<p>En effet, d'une part, l'altruisme est le fondement de la survie et du d\u00e9veloppement de l'humanit\u00e9, et le fait m\u00eame que l'humanit\u00e9 ait perdur\u00e9 et se soit d\u00e9velopp\u00e9e au fil du temps prouve que l'altruisme est bel et bien une nature inn\u00e9e de l'\u00eatre humain.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, l'altruisme est le fondement et l'essence m\u00eame de la nature sociale de l'\u00eatre humain, et cette nature sociale confirme \u00e0 son tour l'altruisme de l'\u00eatre humain.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, en tant qu\u2019animaux sociaux, les int\u00e9r\u00eats fondamentaux des individus co\u00efncident g\u00e9n\u00e9ralement dans un premier temps ; par cons\u00e9quent, l\u2019\u00e9go\u00efsme et l\u2019altruisme humains sont eux aussi, dans un premier temps, en harmonie. Cela permet aux individus de nouer d\u2019embl\u00e9e des relations de coop\u00e9ration sociale relativement stables, rel\u00e9guant ainsi les luttes sociales au second plan dans le cadre global de la coop\u00e9ration sociale. Cela d\u00e9montre donc que l\u2019altruisme et l\u2019esprit de mutuelle avantage ne constituent pas seulement une nature humaine, mais qu\u2019ils en sont l\u2019une des principales caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, si l'altruisme est l'un des principaux traits de la nature humaine, c'est notamment parce qu'il constitue en soi le prolongement naturel de l'\u00e9go\u00efsme de l'individu social.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement, l'altruisme de l'\u00eatre humain n'est pas seulement le prolongement naturel de son \u00e9go\u00efsme, mais il poss\u00e8de \u00e9galement une autonomie relative profond\u00e9ment enracin\u00e9e ; il constitue donc un aspect fondamental de la double nature de l'\u00eatre humain, \u00e0 la fois \u00e9go\u00efste et altruiste.<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement, l'\u00eatre humain fait preuve non seulement d'altruisme objectif, mais aussi d'altruisme subjectif.<\/p>\n<p>L'altruisme objectif de l'\u00eatre humain constitue le fondement objectif de son altruisme subjectif. Sans l'altruisme objectif de l'\u00eatre humain, l'altruisme subjectif ne pourrait exister, car il serait alors superflu.<\/p>\n<p>Ce que l'on appelle l'altruisme subjectif de l'\u00eatre humain d\u00e9signe les sentiments, la volont\u00e9, les motivations, les pens\u00e9es et la d\u00e9termination altruistes propres \u00e0 l'esp\u00e8ce humaine, c'est-\u00e0-dire l'altruisme subjectif sous toutes ses formes. L'altruisme subjectif de l'\u00eatre humain constitue l'essence m\u00eame et la quintessence de l'altruisme humain. Ce n\u2019est qu\u2019en affirmant et en valorisant fondamentalement l\u2019altruisme subjectif de l\u2019\u00eatre humain que l\u2019on peut affirmer avoir v\u00e9ritablement compris l\u2019altruisme humain. Si ce n\u2019est pas le cas, et si l\u2019on limite la compr\u00e9hension de l\u2019altruisme humain \u00e0 la formule \u201c subjectivement pour soi-m\u00eame, objectivement pour tous \u201d, non seulement cette compr\u00e9hension sera insuffisante, mais cela entra\u00eenera \u00e9galement de graves cons\u00e9quences dans la pratique. La Chine a d\u00e9sormais atteint un stade o\u00f9 le bien altruiste est de plus en plus n\u00e9cessaire ; \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, il rev\u00eat une importance toute particuli\u00e8re de reconna\u00eetre et de valoriser l\u2019expression de l\u2019altruisme subjectif de l\u2019individu.<\/p>\n<p>En somme, l'altruisme fait bel et bien partie int\u00e9grante de la nature humaine. Par cons\u00e9quent, tout comme l'id\u00e9e et l'exigence selon lesquelles \u201c rien ne doit profiter \u00e0 soi-m\u00eame \u201d sont erron\u00e9es, la conception traditionnelle selon laquelle \u201c la nature humaine n'est que \u00e9go\u00efsme \u201d et les th\u00e9ories qui s'y rapportent sont elles aussi erron\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>(3) De l'humanisme au bien-humanisme<\/b><\/strong><\/p>\n<p>L'humanisme ne se contente pas de reconna\u00eetre la bont\u00e9 intrins\u00e8que de l'\u00eatre humain, mais doit aller plus loin en se d\u00e9finissant clairement comme une philosophie fond\u00e9e sur le bien.<\/p>\n<p>Si l'humanisme doit \u00eatre fond\u00e9 sur le bien et non sur le mal, c'est principalement parce que :<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, l'humanisme est, par nature, orient\u00e9 vers le bien et non vers le mal. L'humanisme a pour point de d\u00e9part et d'aboutissement la satisfaction des besoins v\u00e9ritables de l'\u00eatre humain ; de par sa nature m\u00eame, il est orient\u00e9 vers le bien. C'est pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu'il est orient\u00e9 vers le bien qu'il est si largement appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, bien que l'humanisme soit par nature orient\u00e9 vers le bien, il n'est pourtant pas universellement d\u00e9fini comme une philosophie fond\u00e9e sur le bien, ce qui cr\u00e9e une zone d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 consid\u00e9rable. Dans cette zone, \u00e9tant donn\u00e9 que la nature humaine rec\u00e8le \u00e9galement une part de mal, et que le principe abstrait \u201c centr\u00e9 sur l\u2019homme \u201d peut englober une orientation vers le mal, ou du moins permettre l\u2019expression de cette part de mal, ce qui fait que l\u2019humanisme, initialement orient\u00e9 vers le bien, risque ici de d\u00e9railler, et cette possibilit\u00e9 a d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par la pratique. Ainsi, afin d\u2019\u00e9viter autant que possible l\u2019apparition de ce ph\u00e9nom\u00e8ne n\u00e9gatif, l\u2019humanisme devrait, au-del\u00e0 de l\u2019humanisme g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9voluer et se d\u00e9finir clairement comme un \u00ab bien-centrisme \u00bb.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, la nature la plus profonde de l\u2019\u00eatre humain n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que sa tendance au bien. Bien qu\u2019il existe une dualit\u00e9 entre le bien et le mal dans la nature inn\u00e9e de l\u2019\u00eatre humain, l\u2019existence de cette tendance inn\u00e9e au mal ne saurait constituer un argument en faveur du malinisme. En effet, l\u2019\u00eatre humain \u00e9tant dot\u00e9 d\u2019une capacit\u00e9 d\u2019action, l\u2019existence de sa nature inn\u00e9e, \u00e0 la fois bonne et mauvaise, n\u2019est pas simplement identique \u00e0 son comportement acquis. Si cette capacit\u00e9 d\u2019action s\u2019oriente vers le bien, l\u2019\u00eatre humain tendra vers le bien au cours de son d\u00e9veloppement. \u00c0 l\u2019inverse, si elle s\u2019oriente vers le mal, il tendra vers le mal. \u00c9tant donn\u00e9 que la nature humaine ne r\u00e9side pas seulement dans la dualit\u00e9 du bien et du mal, mais aussi, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, dans la tendance \u00e0 rechercher le bien et \u00e0 fuir le mal \u2014 ce qui revient \u00e0 tendre vers le bien et \u00e0 fuir le mal \u2014, la nature la plus profonde de l\u2019\u00eatre humain n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que sa tendance au bien, et non sa tendance au mal.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, la nature humaine tendant vers le bien ne se limite pas \u00e0 la tendance au bien de chaque individu dans son environnement imm\u00e9diat, mais rev\u00eat surtout un caract\u00e8re social. En effet, l\u2019\u00eatre humain est un animal social qui ne peut vivre qu\u2019au sein de la soci\u00e9t\u00e9 ; c\u2019est pourquoi la qualit\u00e9 de son environnement social rev\u00eat une importance capitale pour chacun. Ce que l\u2019on appelle un \u00ab bon \u00bb environnement social, c\u2019est un environnement social o\u00f9 le bien pr\u00e9vaut de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. Un mauvais environnement social, en revanche, est un environnement o\u00f9 le mal pr\u00e9domine. Un environnement social o\u00f9 le bien pr\u00e9domine permet non seulement \u00e0 chacun d\u2019en tirer profit, mais aussi \u00e0 tous d\u2019en b\u00e9n\u00e9ficier pleinement ; c\u2019est pourquoi, par nature, l\u2019\u00eatre humain a toujours besoin d\u2019un environnement social favorable o\u00f9 le bien pr\u00e9domine.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement, le principe du bien est le fondement de la civilisation moderne ; sans lui, il n\u2019y aurait pas de civilisation moderne. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le bien est synonyme de civilisation, tandis que le mal est synonyme de barbarie. Par cons\u00e9quent, l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux du passage de la barbarie \u00e0 la civilisation r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment dans le passage du mal au bien. Certes, il y a eu beaucoup de mal \u00e0 l\u201c\u201d \u00e8re de la civilisation \u00bb, et le mal a effectivement \u00e9t\u00e9 l\u2019un des principaux moteurs du progr\u00e8s historique, mais la direction g\u00e9n\u00e9rale du d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 humaine reste n\u00e9anmoins celle qui va du mal vers le bien, de la barbarie vers la civilisation.<\/p>\n<p>Enfin, bien que le \u201c bien-fondementnisme \u201d pr\u00f4ne le bien comme fondement, il ne fait pas pour autant abstraction de la nature mauvaise de l\u2019homme ; il s\u2019agit plut\u00f4t de reconna\u00eetre et d\u2019aborder correctement les aspects bons et mauvais de la nature humaine, afin de parvenir de mani\u00e8re concr\u00e8te et efficace \u00e0 rechercher le bien et \u00e0 \u00e9viter le mal, \u00e0 promouvoir le bien et \u00e0 r\u00e9primer le mal. La nature mauvaise de l\u2019homme est sans aucun doute une r\u00e9alit\u00e9 objective inh\u00e9rente \u00e0 la nature humaine ; elle se manifeste donc in\u00e9vitablement dans la psychologie et les comportements acquis de l\u2019individu. Ce n\u2019est qu\u2019en reconnaissant la nature mauvaise de l\u2019homme qu\u2019il est possible de la traiter correctement. Une th\u00e9orie unilat\u00e9rale de la bont\u00e9 inn\u00e9e, qui ne mentionne que \u201c d\u00e8s sa naissance, l\u2019homme est de nature bonne \u201d sans \u00e9voquer \u201c d\u00e8s sa naissance, l\u2019homme est de nature mauvaise \u201d, con\u00e7oit et organise les institutions en partant de l\u2019hypoth\u00e8se que la nature humaine ne comporte que la bont\u00e9, tout en n\u00e9gligeant de mettre en place des contraintes et des mesures de pr\u00e9vention institutionnelles fondamentales face \u00e0 la nature mauvaise de l\u2019homme. De ce fait, la conception et l\u2019organisation institutionnelles issues de cette th\u00e9orie de la bont\u00e9 inn\u00e9e conduisent in\u00e9vitablement, petit \u00e0 petit, \u00e0 une expansion et \u00e0 une prolif\u00e9ration g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es de la m\u00e9chancet\u00e9 humaine. En revanche, reconna\u00eetre objectivement l\u2019existence de la nature humaine mauvaise et les dangers qu\u2019elle rec\u00e8le, et s\u2019attacher en priorit\u00e9, dans la conception et l\u2019organisation des institutions, \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 restreindre l\u2019expression et la manifestation de la nature humaine mauvaise, s\u2019est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre l\u2019approche et la pratique les plus efficaces. Cependant, le fait de donner la priorit\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9vention et \u00e0 la restriction de la nature humaine mauvaise ne revient pas \u00e0 fonder son approche sur le mal. Le point de d\u00e9part et le but de la pr\u00e9vention et de la ma\u00eetrise de la nature malveillante de l\u2019\u00eatre humain doivent \u00eatre de promouvoir le bien et de r\u00e9primer le mal, c\u2019est-\u00e0-dire de rechercher et de r\u00e9aliser la bont\u00e9 de la nature humaine ; c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela le \u00ab bien-centrisme \u00bb, et non le \u00ab mal-centrisme \u00bb. Le \u00ab bien-centrisme \u00bb, qui promeut le bien et r\u00e9prime le mal, doit non seulement reposer sur la reconnaissance de la nature malveillante de l\u2019\u00eatre humain, mais surtout sur celle de sa nature bienveillante. La r\u00e9alisation de la bont\u00e9 humaine est la fin, tandis que la reconnaissance et la r\u00e9pression de la m\u00e9chancet\u00e9 humaine en sont les moyens. Si, au motif que les dispositifs institutionnels doivent avant tout s\u2019attacher \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 contenir la m\u00e9chancet\u00e9 humaine, on ne parle que de cette derni\u00e8re sans \u00e9voquer la bont\u00e9 humaine, on pourrait croire que ces dispositifs ne peuvent \u00eatre \u00e9tablis que sur la base de la nature malveillante de l\u2019homme, ce qui reviendrait \u00e0 tomber dans un nouveau pi\u00e8ge conceptuel. En fin de compte, les institutions visant \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 contenir la nature mauvaise de l\u2019\u00eatre humain ne peuvent en aucun cas \u00eatre fond\u00e9es sur la nature malveillante de l\u2019humanit\u00e9, mais uniquement sur sa nature bonne. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que l\u2019\u00eatre humain tend vers le bien qu\u2019il doit r\u00e9primer le mal. Si tout le monde tendait vers le mal, la r\u00e9pression du mal n\u2019aurait plus de raison d\u2019\u00eatre. Tous les syst\u00e8mes humains visant \u00e0 promouvoir le bien et \u00e0 r\u00e9primer le mal ne peuvent avoir pour fondement ultime que la bont\u00e9 humaine. Cela tient non seulement au fait que l\u2019aspiration au bien constitue le point de d\u00e9part et le point d\u2019aboutissement de cette promotion et de cette r\u00e9pression, mais aussi au fait que tout syst\u00e8me orient\u00e9 vers le bien ne peut v\u00e9ritablement s\u2019\u00e9tablir et fonctionner efficacement que sur la base de la bont\u00e9 humaine et d\u2019une \u00e9thique morale tourn\u00e9e vers le bien. Aucun syst\u00e8me visant \u00e0 promouvoir le bien ne peut \u00eatre sans faille, et tous ces syst\u00e8mes ne peuvent \u00eatre v\u00e9ritablement \u00e9tablis et fonctionner que si leurs failles sont \u00ab combl\u00e9es \u00bb par une \u00e9thique morale solide. La capacit\u00e9 de tout syst\u00e8me vertueux \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 endiguer la m\u00e9chancet\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la nature humaine est limit\u00e9e ; aucun ne peut r\u00e9sister aux attaques et \u00e0 la destruction infinies du mal g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, c\u2019est pourquoi ils doivent tous, par cons\u00e9quent, reposer sur une \u00e9thique morale orient\u00e9e vers le bien. Si une soci\u00e9t\u00e9 est compos\u00e9e presque exclusivement d\u2019individus \u00e9go\u00efstes, pr\u00eats \u00e0 nuire aux autres pour servir leurs propres int\u00e9r\u00eats, \u00e0 recourir \u00e0 la ruse et \u00e0 la corruption, alors m\u00eame des institutions sociales fondamentales telles que la d\u00e9mocratie et l\u2019\u00c9tat de droit, qui visent \u00e0 promouvoir le bien et \u00e0 r\u00e9primer le mal, ne peuvent y \u00eatre v\u00e9ritablement mises en place ; et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que r\u00e9side le danger immense auquel nous sommes actuellement confront\u00e9s. C\u2019est pourquoi reconna\u00eetre et pr\u00f4ner la pr\u00e9vention du mal inh\u00e9rent \u00e0 la nature humaine ne constitue pas, \u00e0 l\u2019heure actuelle, la v\u00e9ritable difficult\u00e9. La v\u00e9ritable difficult\u00e9 r\u00e9side en r\u00e9alit\u00e9 dans notre capacit\u00e9 \u00e0 construire, \u00e0 \u00e9tablir et \u00e0 diffuser efficacement les valeurs et la nouvelle culture du bien comme fondement ; elle r\u00e9side dans notre capacit\u00e9 \u00e0 obtenir, au cours du processus de construction d\u2019une civilisation moderne fond\u00e9e sur le bien, un guide th\u00e9orique pour ce bien comme fondement ; et elle r\u00e9side plus particuli\u00e8rement dans notre capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper et \u00e0 former les fondements culturels universels, fond\u00e9s sur le bien, sur lesquels repose la civilisation moderne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u56db<\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p>Le bien-fondementnisme a clairement \u00e9tabli que le bien est synonyme de b\u00e9n\u00e9fice et le mal, de pr\u00e9judice. Mais une question se pose alors : qu\u2019est-ce que le b\u00e9n\u00e9fice, et qu\u2019est-ce que le pr\u00e9judice ? C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette qu\u00eate ultime de r\u00e9ponse qui a conduit le bien-fondementnisme \u00e0 \u00e9voluer in\u00e9vitablement vers l\u2019eud\u00e9monisme universel.<\/p>\n<p>L'eud\u00e9monisme universel est avant tout une th\u00e9orie qui s'inscrit au niveau des valeurs ultimes, et, par extension, une th\u00e9orie guid\u00e9e par ces valeurs ultimes. Ce que l'on appelle \u00ab valeurs ultimes \u00bb correspond \u00e0 l'int\u00e9r\u00eat ultime que les individus recherchent, et cet int\u00e9r\u00eat ultime correspond pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 leurs besoins ultimes.<\/p>\n<p>Selon l'eud\u00e9monisme universel, le besoin ultime de l'\u00eatre humain est le bonheur. Ou, pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, conform\u00e9ment \u00e0 la nature humaine, le besoin ultime de l'\u00eatre humain est le bonheur. Le caract\u00e8re ultime de ce besoin de bonheur signifie que le besoin de bonheur est en r\u00e9alit\u00e9 inh\u00e9rent \u00e0 la nature humaine. Le haut degr\u00e9 de d\u00e9veloppement du syst\u00e8me nerveux humain a donn\u00e9 naissance \u00e0 ce besoin de bonheur. Les animaux inf\u00e9rieurs ne peuvent \u00e9prouver qu\u2019une sensation de satisfaction, mais jamais de bonheur ; ils ne peuvent donc pas non plus avoir besoin de bonheur. C\u2019est ce que souligne M. Xu Jing\u2019an : \u201c Qu\u2019est-ce que la nature humaine, au fond ? Tout comme les animaux, l\u2019homme cherche d\u2019abord \u00e0 survivre, mais contrairement \u00e0 eux, il aspire \u00e9galement au bonheur. L\u2019homme ne se contente pas de manger \u00e0 sa faim, il veut bien manger, varier ses repas ; il ne se contente pas d\u2019\u00eatre au chaud, mais souhaite \u00eatre \u00e0 la mode et s\u2019habiller de mani\u00e8re \u00e0 exprimer sa personnalit\u00e9. L\u2019\u00eatre humain est anim\u00e9 d\u2019une qu\u00eate mat\u00e9rielle sans limites. Il ne se contente pas de bien manger et de bien s\u2019habiller, mais recherche \u00e9galement la satisfaction affective, la joie intellectuelle, un ancrage spirituel et le sens de la vie. L\u2019\u00eatre humain est anim\u00e9 d\u2019une qu\u00eate spirituelle sans limites. Par cons\u00e9quent, la qu\u00eate du bonheur est une caract\u00e9ristique commune et universelle de la nature humaine. \u201d<\/p>\n<p>Bien que le bonheur soit une exp\u00e9rience subjective, il poss\u00e8de n\u00e9anmoins une r\u00e9alit\u00e9 absolue. Cette r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9side dans le fait que toutes les aspirations humaines sont, en fin de compte, une qu\u00eate du bonheur. Le fait d\u2019\u00eatre heureux dans la vie est ce qui importe le plus \u00e0 chacun, et c\u2019est donc ce qu\u2019il y a de plus r\u00e9el. Compar\u00e9s au bonheur, l\u2019argent, le pouvoir, la renomm\u00e9e, etc., ne sont que des moyens et reviennent donc au second plan. S\u2019ils sont capables d\u2019apporter le bonheur, ils deviennent alors des objectifs \u00e0 atteindre ; dans le cas contraire, ils sont, dans une certaine mesure, d\u00e9laiss\u00e9s. On peut donc dire que la vie humaine est en r\u00e9alit\u00e9 une question de sensation : se sentir bien, voil\u00e0 ce qui est le plus concret et le plus important. Le sentiment de bonheur est l\u2019effet ultime et l\u2019expression concentr\u00e9e de la qualit\u00e9 de vie d\u2019une personne ; il poss\u00e8de donc naturellement une r\u00e9alit\u00e9 supr\u00eame et incomparable.<\/p>\n<p>Cependant, \u00e0 l'inverse, le mat\u00e9rialisme r\u00e9duit tous les besoins de l'\u00eatre humain \u00e0 des besoins mat\u00e9riels, estimant que seules les choses mat\u00e9rielles sont r\u00e9elles, tandis que le spirituel est illusoire ou ne sert qu'\u00e0 satisfaire des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels, ce qui revient dans une large mesure \u00e0 consid\u00e9rer l'\u00eatre humain comme un animal. Or, en r\u00e9alit\u00e9, l\u2019\u00eatre humain \u00e9tant un animal dot\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me nerveux hautement d\u00e9velopp\u00e9, sa vie mat\u00e9rielle est bien r\u00e9elle, tout comme le sont sa vie spirituelle et ses exp\u00e9riences spirituelles. Ce n\u2019est qu\u2019en \u00e9tablissant une nouvelle conception selon laquelle le bonheur est la valeur ultime, qu\u2019il poss\u00e8de la r\u00e9alit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e et que son pourvoi constitue le bien supr\u00eame de l\u2019\u00eatre humain, que nous pourrons v\u00e9ritablement nous affranchir, de mani\u00e8re fondamentale, des id\u00e9es ali\u00e9nantes telles que le mat\u00e9rialisme, le bureaucratisme et le culte de la renomm\u00e9e, ainsi que des erreurs et des tourments qu\u2019engendrent leurs pratiques ; c\u2019est ainsi seulement que nous pourrons v\u00e9ritablement prendre place dans le train direct menant au bonheur individuel et au bonheur universel.<\/p>\n<p>Le besoin ultime de l'\u00eatre humain est le bonheur ; son objectif ultime est donc naturellement le bonheur. Toutes les aspirations de l'\u00eatre humain trouvent en fin de compte leur source dans la qu\u00eate du bonheur. Le bonheur restera \u00e0 jamais la valeur ultime \u00e0 laquelle aspire l'humanit\u00e9, ainsi que sa valeur la plus \u00e9lev\u00e9e et la plus \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>Reconna\u00eetre la valeur ultime du bonheur rev\u00eat une importance capitale pour la r\u00e9vision, le d\u00e9veloppement et le perfectionnement de la th\u00e9orie et de la pratique de l\u2019humanisme. L\u2019humanisme traditionnel a sans aucun doute jou\u00e9 un r\u00f4le consid\u00e9rable dans la promotion du retour \u00e0 la nature humaine et dans la lutte contre de nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019ali\u00e9nation non humanistes. Mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, comme l\u2019ont maintes fois soulign\u00e9 les repr\u00e9sentants du monde religieux, l\u2019humanisme traditionnel pr\u00e9sente un d\u00e9faut fatal : l\u2019absence de recherche et de compr\u00e9hension des valeurs ultimes. Certes, nier la place de Dieu en tant que valeur ultime ne signifie pas qu\u2019il soit impossible de trouver des valeurs ultimes sur terre, mais l\u2019humanisme traditionnel manque manifestement d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 cet \u00e9gard (du moins en ce qui concerne son courant dominant). L\u2019humanisme traditionnel se contente de mettre l\u2019accent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de placer l\u2019homme au centre, mais il ne consacre pas l\u2019attention et l\u2019\u00e9tude n\u00e9cessaires \u00e0 la question du fondement de l\u2019existence humaine. Cela l\u2019emp\u00eache de d\u00e9couvrir o\u00f9 se situent les valeurs ultimes recherch\u00e9es par l\u2019humanit\u00e9 et, m\u00eame s\u2019il les d\u00e9couvrait, il ne leur accorderait pas l\u2019importance qu\u2019elles m\u00e9ritent ni ne les ferait l\u2019objet d\u2019une \u00e9tude approfondie. L\u2019humanisme traditionnel est issu d\u2019un contexte historique et culturel marqu\u00e9 par l\u2019opposition au th\u00e9isme et \u00e0 la conception de l\u2019homme comme simple moyen, mais il est \u00e9galement rest\u00e9 longtemps enlis\u00e9 dans les probl\u00e8mes traditionnels inh\u00e9rents \u00e0 ce contexte historique et culturel, dont il peine \u00e0 se d\u00e9gager.<\/p>\n<p>Du point de vue de la logique de d\u00e9veloppement de l'humanisme, puisque le monde humain doit \u00eatre centr\u00e9 sur l'homme, et que cette orientation vers l'homme doit elle-m\u00eame \u00eatre fond\u00e9e sur le bien, or que le bien v\u00e9ritable et ultime r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment dans le fait de permettre \u00e0 l'homme d'atteindre le bonheur dans la vie, toutes les formes de bien, qu\u2019elles soient \u00e9go\u00efstes ou altruistes, visent en fin de compte \u00e0 permettre \u00e0 l\u2019homme d\u2019atteindre le bonheur ; dans ces conditions, l\u2019humanisme traditionnel devrait \u00e9voluer vers un \u00ab bien-centrisme \u00bb explicite, puis vers un \u00ab \u00e9panisme \u00bb.<\/p>\n<p>Alors, qu'est-ce que le bonheur universel ? Sur quoi repose, au fond, le fondement humain du bonheur universel ? En quoi le bonheur universel est-il sup\u00e9rieur au bonheur d'une minorit\u00e9 ? \u00c0 ces questions, cet article apporte la r\u00e9ponse succincte suivante :<\/p>\n<p>1. Le bonheur universel est le bonheur qui s'\u00e9tend \u00e0 l'ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, c'est-\u00e0-dire le bonheur de tous ses membres. Le besoin intrins\u00e8que de bonheur universel inh\u00e9rent \u00e0 la nature humaine constitue en r\u00e9alit\u00e9 la racine profonde des revendications des individus en mati\u00e8re de libert\u00e9 universelle, d'\u00e9galit\u00e9 universelle, de fraternit\u00e9 universelle, de droits de l'homme universels, etc.<\/p>\n<p>2. Le bonheur universel est un bonheur qui englobe tous les niveaux de bien-\u00eatre de l\u2019\u00eatre humain. En d\u2019autres termes, l\u2019un des aspects de l\u2019universalit\u00e9 du bonheur universel r\u00e9side dans le fait qu\u2019il englobe de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale tous les niveaux de bien-\u00eatre d\u00e9coulant de la satisfaction des besoins \u00e0 tous les niveaux de l\u2019\u00eatre humain, et non pas seulement certains ou quelques-uns d\u2019entre eux. Le bonheur na\u00eet du processus de satisfaction des besoins de l\u2019individu. De par la nature humaine, les besoins sont multi-niveaux, et le bonheur l\u2019est donc \u00e9galement. La satisfaction des besoins fondamentaux procure un sentiment de bonheur de base, tandis que celle des besoins sup\u00e9rieurs procure un sentiment de bonheur de niveau sup\u00e9rieur. La g\u00e9n\u00e9ralisation du sentiment de bonheur au niveau fondamental permet de cr\u00e9er un bonheur universel \u00e0 ce niveau, tandis que la g\u00e9n\u00e9ralisation du sentiment de bonheur \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur permet de cr\u00e9er un bonheur universel de niveau sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>3. Le bonheur universel est la somme de toutes les formes de bonheur. En d\u2019autres termes, l\u2019un des aspects de l\u2019universalit\u00e9 du bonheur universel r\u00e9side dans l\u2019universalit\u00e9 des types de bonheur qu\u2019il englobe, reconna\u00eet et encourage les individus \u00e0 rechercher. Il existe d\u2019innombrables formes de bonheur, et chacune d\u2019entre elles est un bonheur. Actuellement, il est g\u00e9n\u00e9ralement admis dans le milieu de la psychologie que \u201c le bonheur est l\u2019\u00e9valuation globale que l\u2019individu porte sur sa qualit\u00e9 de vie en fonction de ses propres crit\u00e8res \u201d, mais il ne s\u2019agit l\u00e0 que d\u2019une d\u00e9finition pr\u00e9liminaire qui doit encore faire l\u2019objet d\u2019approfondissements. Consid\u00e9rer une d\u00e9finition du bonheur fond\u00e9e sur un contenu sp\u00e9cifique et concret comme une d\u00e9finition universelle du bonheur revient souvent \u00e0 instaurer une forme d\u2019h\u00e9g\u00e9monie. La r\u00e9alisation d\u2019un v\u00e9ritable bonheur universel doit n\u00e9cessairement reposer sur le respect total du droit et de la libert\u00e9 de chacun \u00e0 rechercher toutes les formes de bonheur.<\/p>\n<p>4. Le bonheur universel est celui qui r\u00e9sulte de l\u2019\u00e9panouissement plein et entier de toutes les sources de bonheur, tant \u00e9go\u00efstes qu\u2019altruistes. Le caract\u00e8re multidimensionnel du bonheur universel et l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ses composantes impliquent que ses sources sont elles aussi d\u2019une grande diversit\u00e9. Nous devons accorder \u00e0 toutes ces sources le respect qu\u2019elles m\u00e9ritent, les d\u00e9velopper et leur permettre de s\u2019\u00e9panouir librement et pleinement. \u00c9tant donn\u00e9 que la r\u00e9alisation du bonheur universel passe en fin de compte par des voies fondamentales telles que l\u2019efficacit\u00e9 inclusive, la prosp\u00e9rit\u00e9, l\u2019\u00e9quit\u00e9, la justice, l\u2019\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9, la d\u00e9mocratie, l\u2019\u00c9tat de droit, les droits de l\u2019homme, la fraternit\u00e9, l\u2019entraide, l\u2019harmonie et la civilisation, toutes ces valeurs constituent elles-m\u00eames des sources fondamentales du bonheur universel.<\/p>\n<p>5. Le bonheur universel consiste \u00e0 maximiser le bonheur de tous les membres de la soci\u00e9t\u00e9. Cette maximisation comporte deux aspects. Le premier est la maximisation qualitative, c'est-\u00e0-dire la maximisation des diff\u00e9rents niveaux, types et sources de bonheur mentionn\u00e9s ci-dessus. D'autre part, il s'agit d'une maximisation quantitative, c'est-\u00e0-dire de prolonger la dur\u00e9e du bonheur et de r\u00e9duire celle du malheur au cours du parcours de la vie, afin que le bonheur devienne un ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 dans ce parcours ; parall\u00e8lement, il s'agit d'\u00e9largir l'espace occup\u00e9 par le sentiment de bonheur et de r\u00e9duire celui occup\u00e9 par le sentiment de malheur dans l'exp\u00e9rience de la vie, d'intensifier le sentiment de bonheur et d'att\u00e9nuer celui de malheur, de sorte que le sentiment de bonheur devienne le sentiment dominant de l'existence. La maximisation qualitative d\u00e9termine la maximisation quantitative. Sans richesse qualitative, il ne peut y avoir de pl\u00e9nitude quantitative. Cependant, pour r\u00e9aliser pleinement le bonheur universel de l\u2019humanit\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui, nous devons \u00e9galement \u00e9tendre notre regard au-del\u00e0 de l\u2019humanit\u00e9 actuelle pour nous tourner vers les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n<p>6. Le bonheur universel est un bonheur universel qui s'\u00e9tend de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Il ne s'agit pas seulement du bonheur universel des contemporains, mais aussi de celui qui vise \u00e0 permettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures de mener elles aussi une vie heureuse. Ce n'est qu'en englobant ce bonheur universel futur que l'on peut parler d'un bonheur universel au sens plein du terme.<\/p>\n<p>La qu\u00eate du bonheur des g\u00e9n\u00e9rations futures par les hommes d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019une qu\u00eate de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de leur propre vie, ainsi qu\u2019une qu\u00eate du sacr\u00e9 et de l\u2019immortalit\u00e9. La particularit\u00e9 de cette qu\u00eate d\u2019\u00e9ternit\u00e9 r\u00e9side dans le fait que l\u2019humanit\u00e9 aspire \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de la vie mat\u00e9rielle et \u00e0 celle de la vie sociale, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de l\u2019esprit et \u00e0 celle du bonheur. Les \u00eatres humains se reproduisent et prennent soin de leurs descendants, cr\u00e9ant ainsi les conditions n\u00e9cessaires \u00e0 leur existence : c\u2019est l\u00e0 la qu\u00eate de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de la vie mat\u00e9rielle. Les gens se soucient de l\u2019\u00e9valuation que leurs descendants feront d\u2019eux-m\u00eames : c\u2019est l\u00e0 la qu\u00eate de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de la dimension sociale de la vie individuelle. Les gens se soucient de la p\u00e9rennit\u00e9 de leurs r\u00e9alisations spirituelles pour les g\u00e9n\u00e9rations futures : c\u2019est l\u00e0 la qu\u00eate de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 spirituelle, mais aussi celle de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de la dimension sociale de la vie individuelle. Ces aspirations de l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de la vie montrent que la fin de la vie individuelle ne signifie pas la fin de la vie humaine dans son ensemble, mais que celle-ci peut se perp\u00e9tuer sous ces diff\u00e9rentes formes. En ce sens, toute personne ayant, dans une certaine mesure, r\u00e9alis\u00e9 cette perp\u00e9tuation de la vie est, en r\u00e9alit\u00e9, immortelle. Toute personne ayant r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9aliser cette p\u00e9rennit\u00e9 de la vie entre m\u00eame au paradis de l\u2019au-del\u00e0 ; seulement, ce paradis n\u2019est pas un paradis illusoire, mais bien le monde des vivants de l\u2019au-del\u00e0, ce paradis terrestre o\u00f9 l\u2019on peut faire revivre la splendeur de sa vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>\u4e94<\/b><\/strong><strong><b>.<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0<\/b><\/strong><\/p>\n<p>L'eud\u00e9monisme universel est \u00e0 la fois id\u00e9aliste et r\u00e9aliste. La Chine a aujourd'hui besoin \u00e0 la fois d'id\u00e9alisme et de r\u00e9alisme, mais, dans un certain sens, elle est en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 parvenue \u00e0 un stade o\u00f9 l'id\u00e9alisme est prioritaire.<\/p>\n<p>Au cours des cinq derniers si\u00e8cles, \u00e0 mesure que l'humanit\u00e9 approfondissait sa compr\u00e9hension de la nature humaine, une s\u00e9rie d'id\u00e9aux de valeurs universelles, tels que la libert\u00e9, l'\u00e9galit\u00e9, la fraternit\u00e9 et les droits de l'homme, a vu le jour ; ces id\u00e9aux ont d'ailleurs jou\u00e9 un r\u00f4le consid\u00e9rable et d'une grande port\u00e9e dans le fa\u00e7onnement et le d\u00e9veloppement de la civilisation moderne. Cependant, les lacunes de l\u2019humanisme la\u00efque en mati\u00e8re de valeurs ultimes ont \u00e9galement engendr\u00e9 de nombreux probl\u00e8mes graves ; l\u2019eud\u00e9monisme universel vise quant \u00e0 lui \u00e0 \u00e9lever d\u2019abord la condition humaine au niveau des valeurs ultimes, afin de r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>Concernant la port\u00e9e profonde de la valeur ultime pour le d\u00e9veloppement humain, le chercheur Lu Gao a soulign\u00e9 avec perspicacit\u00e9 dans son article \u00ab Au-del\u00e0 d\u2019Einstein : \u00e0 la d\u00e9couverte des origines de l\u2019univers et de l\u2019avenir de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb :<\/p>\n<p>\u201c Le souci et la qu\u00eate de la valeur ultime r\u00e9v\u00e8lent toutes les possibilit\u00e9s de l\u2019\u00eatre humain ; ils l\u2019orientent vers la gen\u00e8se \u2014 rendant possible ce qui fait de l\u2019homme un homme, lui permettant de s\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019infini et de s\u2019y diriger, et lui donnant le courage n\u00e9cessaire pour assumer l\u2019errance spirituelle et l\u2019exil qu\u2019entra\u00eene le n\u00e9ant des valeurs. Elle devient l\u2019oasis \u00e9ternelle vers laquelle aspire l\u2019homme errant dans le d\u00e9sert, elle devient la manifestation supr\u00eame du vrai, du bien et du beau. Cette valeur ultime et \u00e9ternelle se manifeste dans l\u2019avenir ; elle fait de l\u2019homme un \u00eatre qui tend \u00e9ternellement vers l\u2019appel de Dieu, et c\u2019est dans ce processus que l\u2019homme accomplit sa gen\u00e8se. Toutes les fausses valeurs et les \u00e9tats d\u2019invalidit\u00e9, fragment\u00e9s et ali\u00e9n\u00e9s, seront condamn\u00e9s par cette tendance \u00e9ternelle comme des \u00e9l\u00e9ments fortuits et peu fiables. Pour l\u2019homme, la valeur ultime est un appel et une promesse \u00e9ternels ; dans cet appel et cette promesse, l\u2019homme court \u00e9ternellement vers l\u2019avenir. \u201d<\/p>\n<p>Je partage presque enti\u00e8rement le point de vue exprim\u00e9 par M. Lu Gao dans ce passage, m\u00eame si j\u2019ai une l\u00e9g\u00e8re r\u00e9serve quant \u00e0 la notion de \u201c Dieu \u201d qui y est \u00e9voqu\u00e9e, car je suis moi-m\u00eame ath\u00e9e. Cependant, quant \u00e0 la question de savoir ce qu\u2019est \u201c Dieu \u201d, certains sp\u00e9cialistes du christianisme ont eux aussi fait remarquer avec franchise que :<\/p>\n<p>\u201c Alors, qu\u2019est-ce que Dieu ? Dieu, c\u2019est l\u2019amour, Dieu, c\u2019est la justice, Dieu, c\u2019est la lumi\u00e8re, Dieu, c\u2019est la gr\u00e2ce, Dieu, c\u2019est le Cr\u00e9ateur, Dieu, c\u2019est la force ; Alors, qu\u2019est-ce que l\u2019id\u00e9al de Dieu ? L\u2019id\u00e9al de Dieu, c\u2019est la compassion, c\u2019est la tol\u00e9rance, c\u2019est le vrai, le bien et le beau, c\u2019est l\u2019\u00c9vangile, c\u2019est l\u2019humilit\u00e9, c\u2019est la loyaut\u00e9, c\u2019est la fid\u00e9lit\u00e9, c\u2019est la libert\u00e9 et l\u2019\u00e9galit\u00e9, c\u2019est le fait d\u2019aider activement les autres, c\u2019est ne pas craindre les t\u00e9n\u00e8bres et le mal, c\u2019est d\u00e9fendre la justice, c\u2019est assumer ses responsabilit\u00e9s humanitaires, c\u2019est reconna\u00eetre le p\u00e9ch\u00e9, c\u2019est savoir se repentir, c\u2019est s\u2019engager sinc\u00e8rement dans la r\u00e9demption. \u201d<\/p>\n<p>Si Dieu est bel et bien ainsi, alors j\u2019aimerais moi aussi poser la question suivante : qu\u2019est-ce que Dieu ? Dieu, c\u2019est la nature noble de l\u2019homme. Ou, pour le dire autrement, la nature noble de l\u2019homme, c\u2019est Dieu. O\u00f9 se trouve Dieu ? Dieu est au sein de l\u2019homme, Dieu est au sein de la nature humaine ; Dieu est la bont\u00e9 supr\u00eame inh\u00e9rente \u00e0 la nature humaine, Dieu est le potentiel infini inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. Alors, qu\u2019est-ce que la bont\u00e9 supr\u00eame ? Le bien supr\u00eame, c\u2019est le bonheur universel, et la possibilit\u00e9 de ce bonheur universel r\u00e9side \u00e0 son tour dans le potentiel infini de l\u2019humanit\u00e9. Au plus profond de sa nature inn\u00e9e, l\u2019\u00eatre humain aspire au bonheur universel, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que r\u00e9side le bien supr\u00eame de la nature humaine, c\u2019est l\u00e0 que r\u00e9side la divinit\u00e9 de la nature humaine. Par cons\u00e9quent, en fin de compte, ce n\u2019est pas vers l\u2019appel du Dieu du Royaume des Cieux que l\u2019\u00eatre humain doit tendre \u00e9ternellement, mais vers l\u2019appel du Dieu de la nature humaine ; il doit toujours consid\u00e9rer la r\u00e9alisation du bonheur universel sur terre comme la valeur ultime qu\u2019il poursuit, et toujours en faire son objectif supr\u00eame. La religion, en cr\u00e9ant et en v\u00e9n\u00e9rant le Dieu du Ciel, ne fait en r\u00e9alit\u00e9 que manifester, v\u00e9n\u00e9rer et promouvoir, sous une forme religieuse, le Dieu de la nature humaine. Ainsi, lorsqu\u2019un \u00eatre humain r\u00e9pond \u00e0 l\u2019appel du Dieu du Ciel, il (elle) r\u00e9pond en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 l\u2019appel du Dieu de la nature humaine. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que r\u00e9side, avant tout, la grande importance de la religion pour la civilisation humaine et le bonheur de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>L'accent mis sur les valeurs ultimes est, \u00e0 l'origine, une caract\u00e9ristique propre \u00e0 la religion. Cependant, l'humanisme devrait d\u00e9sormais lui aussi s'attacher \u00e0 cet aspect. Cela rev\u00eat une importance particuli\u00e8re dans le contexte culturel et politique chinois. Si l'humanisme traditionnel occidental pr\u00e9sente la faiblesse de n\u00e9gliger les valeurs ultimes, sa culture religieuse compense toutefois largement cette lacune. En Chine, en revanche, il est difficile, compte tenu du contexte culturel et politique existant, d\u2019accepter et de diffuser v\u00e9ritablement la culture religieuse. Il est donc particuli\u00e8rement n\u00e9cessaire de surmonter la faiblesse de l\u2019humanisme traditionnel, qui n\u00e9glige les valeurs ultimes, en s\u2019appuyant sur les valeurs ultimes de l\u2019humanisme la\u00efque. Or, l\u2019\u00e9l\u00e9ment primordial de l\u2019eud\u00e9monisme universel consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 mettre en \u00e9vidence ces valeurs ultimes. La Chine poss\u00e9dant une tradition profond\u00e9ment enracin\u00e9e qui privil\u00e9gie le pragmatisme, et le bonheur constituant pr\u00e9cis\u00e9ment la forme la plus grande et la plus authentique de \u201c pragmatisme \u201d, l\u201c\u201d \u00e9thos du bonheur universel \u201c a rapidement suscit\u00e9 un large int\u00e9r\u00eat et \u00e9t\u00e9 bien accueilli d\u00e8s son apparition. En d\u00e9cembre 2006, lors du premier Forum de la civilisation organis\u00e9 par l\u2019Association chinoise de communication et la revue *Civilisation*, l\u201d\u201c \u00e9conomie de l\u2019eud\u00e9monisme universel \u201d, propos\u00e9e depuis \u00e0 peine deux ans, figurait d\u00e9j\u00e0 parmi les \u201c dix grands th\u00e8mes de la communication civilisationnelle \u201d officiellement pr\u00e9sent\u00e9s lors du forum, et ce, alors m\u00eame que l\u2019auteur ne connaissait pas les quelque 70 experts et universitaires de premier plan pr\u00e9sents au forum. R\u00e9cemment, l\u2019auteur a \u00e9galement remarqu\u00e9 que le nombre de recherches sur Google pour le terme \u201c bonheur universel \u201d avait d\u00e9j\u00e0 atteint 421 000, tandis que celui pour \u201c socialisme fonctionnel \u201d \u2014 qui inclut le terme \u201c bonheur universel \u201d \u2014 s\u2019\u00e9levait m\u00eame \u00e0 10,1 millions. Il convient tout particuli\u00e8rement de noter que l\u201c\u201d \u00e9conomie du bonheur \u201c, qui s\u2019inscrit \u00e9galement dans l\u2019esprit de l\u201d\u201c \u00e9conome du bonheur universel \u201d, suscite un vif int\u00e9r\u00eat : bien que les recherches sur le terme \u201c \u00e9conomie du bonheur \u201d ne s\u2019\u00e9l\u00e8vent qu\u2019\u00e0 4 000, celles portant sur \u201c \u00e9conomie du bonheur \u201d atteignent d\u00e9j\u00e0 9,33 millions, soit un chiffre sup\u00e9rieur aux 5,42 millions enregistr\u00e9s pour le terme \u00ab christianisme \u00bb ! Le 25 juillet dernier, He Liangliang, commentateur de Phoenix TV, a d\u00e9clar\u00e9 lors de l\u2019\u00e9mission \u00ab Actualit\u00e9s en direct \u00bb consacr\u00e9e au th\u00e8me \u00ab Le socialisme doit aboutir au bonheur universel \u00bb que la plupart des gens pouvaient adh\u00e9rer \u00e0 l\u2019id\u00e9e selon laquelle \u00ab le socialisme est synonyme d\u2019eud\u00e9monisme universel \u00bb. D\u2019apr\u00e8s les informations dont dispose l\u2019auteur, cela correspond manifestement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. R\u00e9cemment, le rapport du XVIIe Congr\u00e8s du Parti communiste chinois a r\u00e9affirm\u00e9 la philosophie du bonheur universel selon laquelle \u00ab tout est fait pour le bien-\u00eatre du peuple \u00bb, et cet esprit a impr\u00e9gn\u00e9 l\u2019ensemble du texte, ce qui lui a valu un accueil tr\u00e8s favorable de la part de l\u2019ensemble du Parti et du peuple chinois. Il s\u2019agit l\u00e0, bien s\u00fbr, d\u2019un message important qui refl\u00e8te au mieux la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de la population. \u2026 En somme, ces \u00e9l\u00e9ments r\u00e9v\u00e8lent en r\u00e9alit\u00e9 un message clair : nous, Chinois, accordons une importance particuli\u00e8re \u00e0 la question du bonheur (ce qui s\u2019inscrit bien s\u00fbr dans le contexte sp\u00e9cifique de la culture chinoise du \u00ab fu \u00bb), ce qui explique que la doctrine du bonheur universel se diffuse tr\u00e8s facilement et b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une large adh\u00e9sion. Cela offre ainsi de vastes possibilit\u00e9s pour le d\u00e9veloppement culturel de notre pays, C\u2019est ainsi que nous pouvons construire une nouvelle culture d\u2019une grande noblesse pour notre pays, non pas principalement par le biais d\u2019une \u00e9vang\u00e9lisation ou d\u2019une pratique religieuse g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, mais gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement et \u00e0 la diffusion de la nouvelle pens\u00e9e humaniste du bonheur universel.<\/p>\n<p>\u00c0 y regarder de plus pr\u00e8s, l\u2019eud\u00e9monisme universel n\u2019est pas seulement id\u00e9aliste, mais aussi r\u00e9aliste. Quant \u00e0 la question de la faisabilit\u00e9 de l\u2019eud\u00e9monisme universel, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 longuement abord\u00e9 ce sujet dans mes publications de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Je me contenterai ici de mettre l\u2019accent, de mani\u00e8re cibl\u00e9e, sur les principaux enjeux li\u00e9s aux cinq aspects suivants, \u00e0 savoir :<\/p>\n<p>1. La question de savoir si le bonheur et le bonheur universel sont des notions certaines.<\/p>\n<p>Je pense que, bien que le bonheur soit une exp\u00e9rience subjective et rev\u00eate un caract\u00e8re tr\u00e8s individuel, il n\u2019est pas pour autant d\u00e9pourvu de certitude. Imaginez un instant : si le bonheur \u00e9tait totalement instable et insaisissable, comment les gens pourraient-ils encore le rechercher ? Si le bonheur \u00e9tait r\u00e9ellement insaisissable, la qu\u00eate du bonheur ne serait-elle pas alors d\u00e9pourvue de tout r\u00e9alisme ? Or, en r\u00e9alit\u00e9, le bonheur comporte non seulement des aspects d\u2019incertitude, mais aussi et surtout des aspects de certitude. Nous pouvons appr\u00e9hender la certitude du bonheur et du bonheur universel au moins sous les trois aspects suivants.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, d\u00e9terminer ce qui n\u2019est pas le bonheur par le biais du raisonnement par \u00e9limination. Par exemple, avoir beaucoup d\u2019argent ne garantit pas forc\u00e9ment le bonheur, mais ne pas en avoir ou en avoir trop peu est certainement synonyme de malheur. Avoir de quoi se nourrir et s\u2019habiller ne garantit pas forc\u00e9ment le bonheur, mais souffrir de la faim et du froid est certainement synonyme de malheur. Avoir une grande maison ne garantit pas forc\u00e9ment le bonheur, mais vivre dans un logement surpeupl\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement synonyme de malheur. Avoir les moyens de se soigner ne garantit pas forc\u00e9ment le bonheur, mais ne pas en avoir les moyens est g\u00e9n\u00e9ralement synonyme de malheur. B\u00e9n\u00e9ficier de transports pratiques ne garantit pas forc\u00e9ment le bonheur, mais souffrir d\u2019un manque de moyens de transport est g\u00e9n\u00e9ralement synonyme de malheur. Pouvoir aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole et faire des \u00e9tudes ne garantit pas forc\u00e9ment le bonheur, mais ne pas trouver de travail faute d\u2019instruction est g\u00e9n\u00e9ralement synonyme de malheur. La libert\u00e9 ne garantit pas n\u00e9cessairement le bonheur, mais la perte de libert\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement synonyme de malheur. La d\u00e9mocratie ne garantit pas n\u00e9cessairement le bonheur, mais les divers inconv\u00e9nients d\u00e9coulant de l\u2019absence de d\u00e9mocratie peuvent rendre beaucoup de gens malheureux. [\u2026] Ainsi, c\u2019est \u00e0 travers ces aspects n\u00e9gatifs que nous pouvons entrevoir, dans un premier temps, l\u2019existence r\u00e9elle et certaine du bonheur.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, la certitude du bonheur r\u00e9side avant tout dans la certitude des conditions qui le rendent possible. L\u2019analyse qui pr\u00e9c\u00e8de a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 que le fait d\u2019atteindre un niveau de revenu suffisant, d\u2019\u00eatre bien nourri et bien habill\u00e9, de disposer d\u2019un logement spacieux, de b\u00e9n\u00e9ficier de moyens de transport pratiques, d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 des soins m\u00e9dicaux et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, de jouir de la libert\u00e9, de la d\u00e9mocratie, des droits de l\u2019homme et de l\u2019\u00c9tat de droit, etc., sont en r\u00e9alit\u00e9 autant de conditions de bonheur certaines. Cette certitude r\u00e9side essentiellement dans la certitude de la relation de cause \u00e0 effet qui existe entre ces conditions et le sentiment de bonheur qu\u2019elles suscitent chez l\u2019individu. Certes, cette certitude ne signifie pas que la simple pr\u00e9sence de certaines de ces conditions suffise \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer un sentiment de bonheur correspondant ; mais le fait que l\u2019absence de ces conditions entra\u00eene des inconv\u00e9nients, des soucis, des souffrances et autres sentiments n\u00e9gatifs nous permet de savoir avec certitude que ces conditions constituent bel et bien les sources du bonheur dans la vie. Certes, comme il est souvent difficile de tirer directement un sentiment de bonheur des conditions de bonheur d\u00e9j\u00e0 acquises et auxquelles on s\u2019est habitu\u00e9, alors qu\u2019il est plus facile d\u2019en tirer un sentiment de bonheur direct \u00e0 partir de conditions nouvellement acquises, cela ne prouve pas pour autant que les conditions auxquelles on s\u2019est habitu\u00e9 ne constituent plus des conditions de bonheur ; cela prouve plut\u00f4t que l\u2019\u00eatre humain poss\u00e8de une nature qui le pousse \u00e0 toujours rechercher de nouveaux sentiments de bonheur, et d\u00e9montre \u00e9galement que les conditions de bonheur auxquelles on s\u2019est habitu\u00e9 sont devenues des conditions fondamentales et profondes g\u00e9n\u00e9rant un sentiment de bonheur, et non plus de nouvelles conditions produisant directement ce sentiment. En somme, le sentiment de bonheur chez l\u2019\u00eatre humain ne surgit pas de nulle part, mais ne peut na\u00eetre que dans certaines conditions ; ces conditions comprennent \u00e0 la fois les nouvelles conditions sur lesquelles repose directement la naissance du sentiment de bonheur, et les conditions fondamentales profondes sur lesquelles il repose ; comme ces conditions entretiennent toutes un lien de causalit\u00e9 certain avec le bonheur dans la vie, il est impossible d\u2019atteindre le bonheur sans elles \u2014 bien s\u00fbr, cela ne signifie pas pour autant que chacun ne puisse \u00e9prouver un sentiment de bonheur qu\u2019en r\u00e9unissant l\u2019ensemble de ces conditions, mais plut\u00f4t que chaque condition de bonheur est une source de bonheur dans la vie, et que le sentiment de bonheur pr\u00e9sent de chaque individu ne peut na\u00eetre que sur la base des conditions fondamentales et des nouvelles conditions dont il dispose.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, la d\u00e9termination des conditions du bonheur rel\u00e8ve \u00e0 la fois d\u2019une certitude qualitative et d\u2019une certitude quantitative ; or, dans de nombreux domaines et sous de nombreux aspects, il est possible de mener des \u00e9tudes quantitatives sur cette certitude quantitative, ce qui permet de d\u00e9couvrir et de d\u00e9finir un \u201c indice des conditions du bonheur \u201d correspondant. Par exemple, dans des conditions donn\u00e9es, combien faut-il exactement de m\u00e9decins, de lits d\u2019h\u00f4pital, d\u2019enseignants du primaire et du secondaire, etc., pour 10 000 habitants afin que les gens puissent \u00e9prouver un sentiment de bonheur dans ces domaines ? C\u2019est l\u00e0 un sujet qui se pr\u00eate \u00e0 une \u00e9tude quantitative, et les indicateurs obtenus gr\u00e2ce \u00e0 cette \u00e9tude constituent les \u201c indices des conditions de bonheur \u201d correspondants. En particulier, c\u2019est principalement dans les domaines \u00e9conomique et social que nous pouvons tout \u00e0 fait mener des recherches \u00e0 grande \u00e9chelle sur ce sujet, afin de proposer un grand nombre d\u201c\u201d indices des conditions de bonheur \u201c. Les recherches actuelles sur l\u201d\u201c indice de bonheur \u201d ont sans aucun doute une valeur consid\u00e9rable, mais elles pr\u00e9sentent \u00e9galement des probl\u00e8mes importants qui n\u00e9cessitent d\u2019\u00eatre r\u00e9examin\u00e9s et am\u00e9lior\u00e9s. Avant tout, les recherches sur l\u201c\u201d indice de bonheur \u201c doivent \u00eatre affin\u00e9es et approfondies, pour \u00e9voluer vers des \u00e9tudes sur les \u201d indices des conditions de bonheur \u00bb men\u00e9es par des sp\u00e9cialistes du domaine. Nous devons, gr\u00e2ce \u00e0 ces recherches, identifier une s\u00e9rie d\u2019\u00ab indices des conditions de bonheur \u00bb, afin que notre recherche quantitative sur le bonheur puisse non seulement fournir au public des informations globales \u2013 notamment sur le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la vie et au sein de diff\u00e9rents groupes de population, ainsi que sur ses principales causes \u2013, mais aussi jouer un r\u00f4le d\u2019orientation concret dans les diverses actions visant \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de bonheur des citoyens, permettant ainsi \u00e0 cette recherche de d\u00e9ployer son plein potentiel social.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, la certitude du bonheur universel r\u00e9side dans le fait que la pr\u00e9sence suffisante des sources de ce bonheur conduit in\u00e9vitablement \u00e0 sa r\u00e9alisation. Toutes les choses dans le monde naissent selon le principe \u201c plusieurs causes pour une seule cons\u00e9quence \u201d ou \u00ab plusieurs causes pour plusieurs cons\u00e9quences \u00bb ; par cons\u00e9quent, plus les \u00ab causes multiples \u00bb sur lesquelles repose la naissance d\u2019une m\u00eame chose sont nombreuses, plus la probabilit\u00e9 qu\u2019elle voie r\u00e9ellement le jour est grande, et inversement, plus cette probabilit\u00e9 est faible. Le sentiment de bonheur individuel et le bonheur universel se d\u00e9veloppent en r\u00e9alit\u00e9 tous deux selon cette loi. Concr\u00e8tement, cela signifie que si, tout au long de sa vie, une personne ne rencontre et n\u2019acquiert que des conditions subjectives et objectives propices au sentiment de bonheur, il n\u2019y a aucune raison pour qu\u2019elle ne soit pas heureuse. Si, au cours de sa vie, une personne rencontre et acquiert principalement des conditions subjectives et objectives propices au bonheur, sa vie devrait g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre relativement heureuse, et elle le pourra effectivement. Si, au contraire, une personne ne rencontre pratiquement que des sources de souffrance tout au long de son existence, elle se retrouve alors plong\u00e9e dans un oc\u00e9an de souffrances, et sa vie ne peut donc \u00eatre, pour l\u2019essentiel, qu\u2019une vie de souffrance. \u2026 Cela montre donc que, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, plus une personne rencontre et acquiert de conditions propices au bonheur au cours de sa vie, plus elle a de chances d\u2019\u00e9prouver un sentiment de bonheur ; \u00e0 l\u2019inverse, ses chances d\u2019\u00e9prouver ce sentiment sont d\u2019autant plus faibles.<\/p>\n<p>2. La question de savoir s'il est possible d'atteindre une prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale dans le cadre d'une \u00e9conomie de march\u00e9.<\/p>\n<p>Cette question est \u00e9pineuse, mais si on l'aborde sous l'angle de la valeur ultime de l'\u00eatre humain, on peut l'expliquer clairement \u00e0 la racine.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, en fin de compte, les besoins mat\u00e9riels de l\u2019\u00eatre humain concernent les biens de consommation et non les moyens de production. En effet, seuls les biens de consommation peuvent satisfaire les besoins mat\u00e9riels de l\u2019\u00eatre humain et lui procurer ainsi un sentiment de bonheur correspondant ; les moyens de production mat\u00e9riels, quant \u00e0 eux, ne peuvent pas \u00eatre directement utilis\u00e9s pour la consommation mat\u00e9rielle individuelle et ne peuvent donc pas conduire directement au sentiment de bonheur r\u00e9sultant de la satisfaction des besoins mat\u00e9riels. La capacit\u00e9 de consommation mat\u00e9rielle de chaque individu est limit\u00e9e, et par cons\u00e9quent, ses besoins en biens de consommation sont eux aussi limit\u00e9s. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette limitation qui rend fondamentalement possible la r\u00e9alisation d\u2019une prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dans le cadre d\u2019une \u00e9conomie de march\u00e9. \u00c9tant donn\u00e9 que les besoins mat\u00e9riels de l\u2019individu se r\u00e9sument en fin de compte \u00e0 un besoin limit\u00e9 en moyens de subsistance mat\u00e9riels, le crit\u00e8re ultime permettant de mesurer la pauvret\u00e9 et la richesse d\u2019un individu dans sa vie mat\u00e9rielle r\u00e9side en r\u00e9alit\u00e9 dans son niveau de possession de moyens de subsistance mat\u00e9riels, et non dans son niveau de possession de moyens de production mat\u00e9riels.<\/p>\n<p>On peut ainsi constater davantage encore que, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019aborder la question de la richesse et de la pauvret\u00e9, la th\u00e9orie \u00e9conomique traditionnelle a g\u00e9n\u00e9ralement tendance \u00e0 confondre les biens de consommation et les moyens de production dans ses calculs, ce qui est en r\u00e9alit\u00e9 erron\u00e9. Si l\u2019on continue \u00e0 raisonner ainsi, on ne peut que r\u00e9pondre par la n\u00e9gative \u00e0 la question fondamentale de savoir si la prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale peut \u00eatre atteinte dans le cadre d\u2019une \u00e9conomie de march\u00e9. Mais le probl\u00e8me le plus fondamental r\u00e9side dans le fait que ce calcul confondant repose sur et incarne, en substance, une conception traditionnelle mat\u00e9rialiste, et non une nouvelle conception plus r\u00e9aliste, centr\u00e9e sur le bien-\u00eatre. La conception mat\u00e9rialiste traditionnelle consid\u00e8re que la richesse mat\u00e9rielle consiste \u00e0 poss\u00e9der davantage de biens mat\u00e9riels : plus une personne poss\u00e8de de biens mat\u00e9riels, plus elle est riche. Selon cette conception, il est naturel que l\u2019on m\u00e9lange dans le calcul les moyens de subsistance mat\u00e9riels et les moyens de production mat\u00e9riels. Or, en r\u00e9alit\u00e9, la possession des moyens de production n\u2019est qu\u2019un moyen de d\u00e9velopper l\u2019\u00e9conomie, tandis que la possession et la jouissance des moyens de subsistance constituent le but m\u00eame du d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Pour le propri\u00e9taire direct des moyens de production qui poss\u00e8de et jouit d\u00e9j\u00e0 des moyens de subsistance modernes de base, le fait d\u2019utiliser ces moyens de production pour diriger une entreprise r\u00e9pond en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 certains besoins spirituels et non plus \u00e0 des besoins mat\u00e9riels, surtout lorsque la possession et la jouissance de ces moyens de subsistance modernes de base sont d\u00e9j\u00e0 garanties.<\/p>\n<p>3. La question de savoir s'il est possible, dans le cadre d'une \u00e9conomie de march\u00e9, de surmonter dans une large mesure le d\u00e9s\u00e9quilibre psychologique entre les citoyens aux revenus moyens et ceux aux faibles revenus, afin de susciter un sentiment de bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral chez les membres de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Ma r\u00e9ponse \u00e0 cette question est \u00e9galement affirmative. Le n\u0153ud du probl\u00e8me r\u00e9side en r\u00e9alit\u00e9 dans le fait que, le sentiment de bonheur de l\u2019individu naissant et disparaissant toujours par comparaison, la capacit\u00e9 \u00e0 instaurer une \u00e9galit\u00e9 sociale fondamentale dans la vie socio-\u00e9conomique constitue manifestement un facteur d\u00e9terminant pour que les membres de la soci\u00e9t\u00e9 puissent \u00e9prouver un sentiment de bonheur g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Les faits ont d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 \u00e0 elle seule ne suffit pas \u00e0 r\u00e9soudre enti\u00e8rement ce probl\u00e8me ; cependant, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la combinaison de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, de la d\u00e9mocratie, de l\u2019\u00c9tat de droit et d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments fondamentaux de la civilisation moderne qu\u2019une solution satisfaisante peut \u00eatre trouv\u00e9e. Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, il est essentiel de respecter les cinq points suivants. Premi\u00e8rement, mettre en \u0153uvre de mani\u00e8re globale un v\u00e9ritable syst\u00e8me d\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, permettant ainsi aux individus de concourir et de coop\u00e9rer librement et sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 au sein de ce syst\u00e8me. Deuxi\u00e8mement, il faut parvenir progressivement \u00e0 une prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale dans le domaine des biens mat\u00e9riels individuels, afin d\u2019\u00e9liminer fondamentalement les d\u00e9s\u00e9quilibres psychologiques et le sentiment de perte chez les individus. Troisi\u00e8mement, il faut \u00e9liminer, au moins dans une large mesure, les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019enrichissement illicite et d\u2019injustice sociale li\u00e9e \u00e0 la richesse. Quatri\u00e8mement, il faut, notamment par le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale et l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie des individus, endiguer et \u00e9liminer dans une large mesure le ph\u00e9nom\u00e8ne de la consommation ostentatoire. Cinqui\u00e8mement, il faut surmonter les anciennes conceptions mat\u00e9rialistes et la forte tendance \u00e0 la comparaison sociale, pour instaurer une nouvelle conception centr\u00e9e sur le bonheur et d\u00e9velopper une vision du bonheur \u00e0 la fois compl\u00e8te et m\u00fbre. Si tout cela est mis en \u0153uvre, le bonheur universel dans le cadre de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 pourra \u00eatre globalement atteint. Toutefois, pour y parvenir v\u00e9ritablement, il est indispensable de disposer de conditions sociales plus larges.<\/p>\n<p>4. La question des m\u00e9canismes moteurs permettant de parvenir \u00e0 l'eud\u00e9monisme universel.<\/p>\n<p>Le socialisme est une forme d\u2019eud\u00e9monisme universel, mais il se heurte \u00e0 un probl\u00e8me li\u00e9 \u00e0 son m\u00e9canisme moteur. En valorisant le capitalisme, Marx a avant tout valoris\u00e9 son m\u00e9canisme moteur. Marx estimait que ce n\u2019est que lorsque ce m\u00e9canisme dynamique cesserait de fonctionner que le capitalisme pourrait \u00eatre aboli. Or, au regard de l\u2019\u00e9volution historique actuelle, la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle nous sommes confront\u00e9s est la suivante : d\u2019une part, le m\u00e9canisme dynamique du capitalisme reste fondamentalement efficace et continue de constituer le moteur principal du syst\u00e8me ; d\u2019autre part, les fondements mat\u00e9riels du socialisme sont d\u00e9j\u00e0 en place ou en train de se mettre progressivement en place, ce qui rend n\u00e9cessaire la mise en \u0153uvre du socialisme. Dans ces conditions, le choix de l\u2019humanit\u00e9 ne peut en fait \u00eatre que la combinaison du socialisme et du capitalisme ; par cons\u00e9quent, le socialisme que l\u2019humanit\u00e9 peut mettre en \u0153uvre aujourd\u2019hui ne peut \u00eatre qu\u2019un nouveau socialisme combin\u00e9 au capitalisme. L\u2019un des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux de cette combinaison r\u00e9side dans l\u2019association des m\u00e9canismes moteurs du socialisme et du capitalisme, et la synergie qui en r\u00e9sulte rend la r\u00e9alisation du bonheur universel concr\u00e8tement possible.<\/p>\n<p>5. Les questions relatives aux ressources et \u00e0 l'environnement dans le cadre de la mise en \u0153uvre de l'eud\u00e9monisme universel.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me de tr\u00e8s grande ampleur, qui constitue \u00e9galement un d\u00e9fi mondial. Notre pays comptant l\u2019une des populations les plus importantes au monde, nous devons imp\u00e9rativement surmonter cet obstacle si nous voulons parvenir \u00e0 \u00e9difier un nouveau socialisme aux caract\u00e9ristiques chinoises et assurer le bonheur g\u00e9n\u00e9ral de tous les citoyens. Des chercheurs tels que Xu Jing\u2019an et Zhou Tianyong ont d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 des r\u00e9flexions approfondies sur cette question. Je tiens simplement \u00e0 souligner ici que, dans la mesure o\u00f9 les probl\u00e8mes li\u00e9s aux ressources et \u00e0 l\u2019environnement sont, dans une large mesure, pr\u00e9cis\u00e9ment le r\u00e9sultat du mat\u00e9rialisme, et que l\u2019\u00ab \u00e9dutisme universel \u00bb est pr\u00e9cis\u00e9ment le rem\u00e8de \u00e0 ce mat\u00e9rialisme. En effet, l\u2019objectif ultime de l\u2019\u00ab \u00e9dutisme universel \u00bb est le bonheur universel des citoyens, et non la satisfaction de besoins mat\u00e9riels ali\u00e9nants, ni la poursuite effr\u00e9n\u00e9e de la croissance et de l\u2019accumulation illimit\u00e9es de richesses mat\u00e9rielles, l\u2019eud\u00e9monisme universel est donc \u00e9galement le plus propice \u00e0 la construction, sur la base de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, d\u2019une nouvelle civilisation \u00e9conome en ressources et respectueuse de l\u2019environnement ; il est le plus \u00e0 m\u00eame de surmonter ce principal goulot d\u2019\u00e9tranglement que constituent les ressources et l\u2019environnement afin de r\u00e9aliser la modernisation de notre pays ; c\u2019est donc aussi celui qui incarne le mieux l\u2019esprit r\u00e9aliste et pragmatique.<\/p>\n<p>En somme, l'\u00ab \u00e9d\u00e9nisme universel \u00bb est \u00e0 la fois profond\u00e9ment id\u00e9aliste et tr\u00e8s concret ; il rev\u00eat un caract\u00e8re \u00e0 la fois universel et sp\u00e9cifiquement chinois. Par cons\u00e9quent, la nouvelle culture que notre pays doit construire doit naturellement \u00eatre une nouvelle culture fond\u00e9e sur l'\u00ab \u00e9d\u00e9nisme universel \u00bb.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u5f90\u666f\u5b89\u6309\uff1a<br \/>\n\u4ee5\u4eba\u4e3a\u672c\u7684\u7406\u5ff5\uff0c\u5df2\u666e\u904d\u4e3a\u5927\u5bb6\u63a5\u53d7\u3002\u738b\u5360\u9633\u6559\u6388\u5c31\u662f\u4ee5\u6b64\u51fa\u53d1\uff0c\u903b\u8f91\u5730\u63a8\u5bfc\u4eba\u7684\u672c\u662f\u8ffd\u6c42\u5e78\u798f\uff0c\u793e\u4f1a\u7684\u7ec8\u6781\u76ee\u6807\u662f\u662f\u5b9e\u73b0\u666e\u904d\u5e78\u798f\u3002\u793e\u4f1a\u4e3b\u4e49\u5c31\u662f\u4ee5\u5b9e\u73b0\u666e\u904d\u5e78\u798f\u4e3a\u76ee\u6807\u7684\u793e\u4f1a\u3002\u5728\u8fd9\u6b21\u8ba8\u8bba\u4f1a\u4e4b\u524d\uff0c\u6211\u4e0e\u5360\u9633\u5e76\u4e0d\u8ba4\u8bc6\uff0c\u4f46\u90fd\u4ece\u7406\u8bba\u7684\u7814\u7a76\u51fa\u53d1\uff0c\u5f97\u51fa\u4e86\u540c\u6837\u7684\u7ed3\u8bba\u3002\u800c\u5360\u9633\u66f4\u4e3a\u660e\u786e\u5730\u63d0\u51fa\u4e86\u793e\u4f1a\u4e3b\u4e49\u5c31\u662f\u666e\u904d\u5e78\u798f\u4e3b\u4e49\u3002\u8fd9\u662f\u9a6c\u514b\u601d\u7684\u793e\u4f1a\u4e3b\u4e49\u7406\u8bba\u7684\u521b\u65b0\uff0c\u5177\u6709\u91cd\u5927\u7684\u7406\u8bba\u610f\u4e49\u548c\u5b9e\u8df5\u610f\u4e49\u3002\u5171\u4ea7\u515a\u7684\u4f1f\u5927\u5386\u53f2\u4f7f\u547d\u662f\u89e3\u653e\u5168\u4eba\u7c7b\uff0c\u4e0d\u80fd\u7ed9\u4eba\u7c7b\u5e26\u6765\u666e\u904d\u5e78\u798f\uff0c\u600e\u4e48\u5b9e\u73b0\u4f7f\u547d\uff1f<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":6262,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":16,"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-6249","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latest-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6249"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6249\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6251,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6249\/revisions\/6251"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6262"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6249"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yzzks.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}